Alors comme ça tu souhaites écouter
Lateralus, inconscient du risque et du chemin qui t'attendent ? Ce n'est pas une mince affaire,
Lateralus étant sans doute l'un, voire le meilleur album de
Tool, mais il est difficile de comparer, car chacun de leurs opus a son identité propre.Sorti cinq ans après
AEnima, c'est le deuxième album avec le bassiste Justin Chancellor, qui avait remplacé Paul D'Amour.L'alchimie est donc bien en place pour un opus qui consacra définitivement
Tool en tant que groupe culte, adulé par la critique et le public, une référence comme l'ont été
Led Zeppelin et
Pink Floyd.Ce terme de groupe culte peut intriguer, surtout que la première question qui te vient à l'esprit, lecteur, c'est :" Quoi? Un nouveau Led Zep? Mais il a fumé, ce chroniquer !
Tool, c'est du métal, et il est impossible que ces ricains arrivent à la cheville de Page et ses potes!"
Eh bien il va falloir t'y faire, ce disque, il est génial, et bien que la perfection n'existe pas, là on fait plus que s'en rapprocher. D'abord, quelques mots pour décrire généralement l'album: chaque chanson est un
abysse de musique, de sensations et de sentiments, extrêmement profond et complexe. Ceci et le fait qu'il faille, pour bien l'apprécier, écouter
Lateralus dans son ensemble, le classe dans le prog. La puissance de la musique et les gueulantes de Keenan rapprochent
Tool du métal.
Mais là tu t'interroge, serait ce du métal progressif? Eh bien non, lecteur: les passages mélodiques et planants d'Eon Blue Apocalypse et de Disposition sentent le psychédélisme.Il va falloir s'y faire: la majorité de cet album va t'échapper, et il te faudra plusieurs écoutes afin de comprendre comment chaque partie s'imbrique l'une dans l'autre.Et souvent tu entendras à chaque fois quelque chose de nouveau.
Mais ce ne sera pas un souci, au contraire, car, c'est un vrai voyage qui t'est proposé, lecteur.Après un démarrage en trombe, tu seras emporté par la puissance et, atteignant le zénith,voilà que s'offre à toi un énigmatique morceau de résistance, te donnant du rêve et des frissons, mais ne te laissera pas sur ta faim.Et ensuite tu redescendras, porté par une musique langoureuse et étrange, avant de partir sur une interrogation en enochéen (dialecte supposé des anges), langue inventé par un certain John Dee, mage, devin et tutoyeur de créatures célestes...
Mystique et fort, sans doute supérieur de peu à son successeur,
Lateralus est une des plus belles oeuvres qu'il te sera donné d'écouter. Mais loin de se résumer à son esthétique sombre,tu y trouvera aussi des cheminements musicaux surprenant. Et si tu as suffisamment de chance, toi qui lis ces lignes, ce disque t'ouvrira des portes insoupçonnées, te laissant cependant plus de questions que de réponses.