Après le magnifique
Wild Frontier aux touches celtiques,
Gary Moore revient à un style plus épuré, plus hard rock pour son
After The War même s'il garde dans un coin de sa tête les arrangements typiquement Irlandais chers à son défunt ami
Phil Lynott.
After The War, c'est un peu une relecture plus hard de ses dix ans de carrière. On retrouve là son sens du refrain catchy qui fait mouche, simple, sans grande recherche (le titre de la chanson répété plusieurs fois le plus souvent), on appréciera également son sens du riff, toujours de grande qualité, ainsi que son feeling de bluesman, monstrueux sur la reprise de
The Messiah Will Come Again de
Roy Buchanan, où l'Irlandais balafré fait littéralement hurler sa guitare de plaisir. Derrière lui, le groupe est compact et les noms des présents feraient pâlir d'envie plus d'un groupe de hard rock de l'époque :
Bob Daisley (
Rainbow,
Ozzy Osbourne) à la basse,
Cozy Powell (
Rainbow,
Black Sabbath, Brian May Band) à la batterie et le fidèle
Neil Carter aux claviers. Le groupe joue bien, l'ensemble sonne carré.
Moore passe du hard rock simple et direct (
After The War) à des sonorités big rock comme sur le très
Van Halen This Thing Called Love. Il se permet également de proposer une relecture parodique du
Kashmir du Dirigeable, menée de main de maître, avec un
Ozzy Osbourne irrésistible derrière le micro,
Led Clones. Il faut savoir qu'à l'époque, certains groupes émergents comme
Kingdom Comes "pillent"
Led Zeppelin et Moore se révolte contre ce genre de pratique, allant jusqu'à prendre à parti les groupes incriminés lors d'interviews (n'oubliez pas que Moore est Irlandais : faut pas faire chier un Irlandais...). Cette reprise tient lieu de satire vis-à-vis de ces pratiques...
Comme annoncé plus haut, la touche celtique n'a pas totalement quitté les compositions de
Gary Moore, même si elle se retrouve reléguée au second plan. On la retrouve sur l'intro et l'outro du disque,
Dunluce ainsi que sur le plat de résistance de l'album, l'épique
Blood Of Emeralds, subtil et mélancolique à souhait.
Cependant, on peut regretter que la poésie de l'album précédent soit gentiment laissée pour compte. On ne retrouve pas ces envolées, cette touche personnelle qui faisait la richesse de
Wild Frontier ;
Gary Moore revient à un style plus simple et propose donc un album plus prévisible, qui n'étonnera personne. C'est bien fait, on en redemande quand c'est terminé, mais il manque ce petit quelque chose qui fait de grands albums ou des chefs d'oeuvres. Du coup, on reste un peu sur sa faim malgré tout. Il n'est pas étonnant qu'après cet opus, Gary ait pensé que la boucle était bouclée et qu'il était temps pour lui de passer à autre chose, de plus organique.