Avec Disincarnate,
Loudblast passe aux choses sérieuses et cet album voit la tournure thrash des lillois en un death metal, rappelant
Morbid Angel. Le premier album du groupe avait servi à faire découvrir la machine française et rapidement, le nom de
Loudblast allait s’expatrier vers le continent qui avait vu naitre les pointures du death metal de l’époque. Les Loods partent dans l’antre du death metal américain, là où
Slowly We Rot, Arise,
Scream Bloody Gore ou encore
Altars Of Madness ont été enregistrés : le Morrisound Recordings de Tampa, Florida (ouais, pour l’occaz’, sortez vos accents anglais francophones !). Bien entendu, cela reste une référence hexagonale, puisqu’aucun autre combo français n’ira fouler le marbre de ce palace à l’effigie du metal de la mort et pu se permettre de travailler avec Scott Burns. Stéphane Buriez et ses acolytes sont d’ailleurs conscients de la chance qui leur est proposée et c’est motivé à bloc qu’ils enregistrent en 1991, Discincarnate.
Et dans ce virage, ou plutôt évolution - car on pouvait percevoir quelques touches death sur
Sensorial Treatment –
Loudblast donne l’impression d’avoir ralenti. Les compositions sont plus exigeantes et mieux composées qu’auparavant, avec beaucoup de mi-tempo dans les morceaux (After Thy Through le premier), mais sait aussi se rendre plus efficace. Les lillois n’ont pas oublié d’envoyer la sauce, on peut facilement s’attendre à revoir des parties thrash, changeant considérablement la donne avec l’expérience acquise. Buriez a d’ailleurs précisé dans de nombreuses interviews, qu’à cette époque, ils ont appris à jouer sur le tas. Et ce n’est pas un hasard si lui-même s’est inspiré d’un chant beaucoup moins éraillé et est arrivé à pousser un chant proche de David Vincent (
Morbid Angel). Le chanteur a pris en assurance, son growl est plus convaincant, plus sombre et caverneux, dans un pur esprit death. D’ailleurs, il a lui-même pris le plaisir de chanter en duo avec Kamy Lee, chanteur de Massacra, sur un Horror Within old school. Comme
Loudblast est un groupe qui cherche à faire évoluer sa musique, évitant ainsi de stagner comme a pu faire
Obituary au fil des années, en apportant une touche plus mélodique, à l’image de Wrapped In Roses et Shaped Images Of Disincarnate, où l’on voit l’utilisation timide, mais décisive, du clavier. La qualité est là, la musique est malsaine, lente, trépidante et très intéressante.
Car à l’époque,
Loudblast allait fournir un brulot très américain. Le groupe s’est inspiré de la scène Floridienne pour pouvoir ensuite l’arranger à sa sauce, Disincarnate est un pur album de death old school. Et même si le groupe n’atteint pas encore le statut perçu avec
Sublime Dementia, cela leur permettra de faire les premières parties des plus grands, à l’instar de
Sepultura qui montait en flèche à ce moment là, ou encore du groupe de Chuck, Death …