En 1989, le death metal foutait gentiment le thrash vers la sortie et ce nouveau dérivé allait avoir de beaux jours devant lui. Chuck Schuldiner sera d’ailleurs la tête qu’on retiendra à l’origine de ce genre, même si
Possessed utilisa le terme death metal sur sa démo du même nom en 1984. Mais cela va de soit et tout le monde sera d’accord pour dire que Death fut le premier groupe à le populariser.
En France, après la claque
Iron Maiden, puis celle apportée par
Metallica, le heavy metal était à bannir, mal vu par les uns et adulé par les autres. Stéphane Buriez fut le premier à vouloir casser tout cela, et accompagné de Nicolas Leclerq, ils allaient travailler d’arrache pied pour pouvoir atteindre le niveau des pointures comme
Morbid Angel ou
Obituary. Après un split CD avec Agressor, le groupe de leur pote Alex Colin-Tocquaine, la bande met en boite le premier album de leur jeune carrière,
Sensorial Treatment. La même année qu’un certain
Beneath The Remains, mélange hybride de death et de thrash, de
Sepultura …
Avec
Sensorial Treatment,
Loudblast se dévoile de manière plus convaincante que sur leur split CD avec Agressor. Sur Licensed To Thrash, les Loods sont timides, la voix de Stéphane peine à s’imposer, contrairement à leurs collègues d’Agressor, qui s’imposent fermement avec un son plus violent et plus malsain que les nordistes. On retrouve les lillois métamorphosés avec des compositions encore marquées par le thrash, comme le second morceau de l’opus From Beyond. On parvient à trouver des parties plus malsaines, plus dans l’esprit death, avec des power chords toujours utilisés avec efficacité, sans toute fois, être originaux. La voix de Stéphane Buriez est éraillée, rappelant
Max Cavalera à l’époque de
Schizophrenia, ou encore Chuck Schuldiner au début de sa carrière. Le vocaliste français parviendra à se faire une réelle empreinte vocale avec le temps.
L’envie de bien faire de
Loudblast est bel et bien présente, il fallait poser les bases et ensuite grandir. De nos jours, vous trouverez ce
Sensorial Treatment chiant, mais rendons à César ce qui est à César. Placez-vous dans le contexte, on est en 1989, la chute du mur de Berlin est dans toutes les mémoires, et musicalement, le heavy metal avait encore tout à explorer. Il fallait simplement trouver les groupes qui allaient tenter des choses, alors si
Loudblast est devenu ce qu’il est, c’est sans nul doute grâce à l’apparition de cet opus dans leur discographie.
Pour finir, cet album est une partie historique du début du death metal en France. Encore bien primaire et encré dans un thrash purulent, il faudra attendre que
Loudblast lâche réellement la bête qui est en lui.