Retour à l'accueil
Chronique
Chroniques :: Chronique de Inferno

Chronique de Inferno

Motörhead  - Inferno (Album)

 7 
10

Les flammes du rock'n'roll



Depuis un Snake Bite Love (1998) de sinistre mémoire, Motörhead naviguait en eaux troubles, avec peu de motifs de satisfaction, un bon titre ça et là et des albums routiniers. Parce qu'à l'instar d'un groupe comme AC/DC, Motörhead joue une musique très homogène, qui peine à se renouveler d'album en album. Une touche spéciale, une marque de fabrique et c'est au plaisir que procure l'écoute d'un skeud que l'on peut savoir s'il est bon ou non, les domaines de comparaison étant nombreux (et là, confronter Hammered et Overkill s'avère fatal pour le premier cité).

Avec cet Inferno, musicalement, on n'est pas trompé sur la marchandise. C'est du Motörhead pur jus, on reconnait cette patte rock'n'roll speedée avec cette batterie monstrueuse, ces soli concis en accord avec un esprit frondeur, la voix éraillée et travaillée au whisky de Lemmy. Terminal Show est la mise en jambes rêvée : court, rapide, furieusement enlevé, on savoure et on dit merci. Merci pour ce coup de pied au cul qui rappelle la folle jeunesse du groupe, à l'époque des Ace Of Spades ou autres Iron Fist. On avance en terrain connu, mais on a la forme.

L'album se déroule ensuite de façon relativement prévisible. Du rock burné, une vague punk sous-jacente, mais une réussite dans la composition. Là, le groupe relève la tête. Après trente ans au service du rock, on pouvait croire que tout avait été dit pour Motörhead et que les disques seraient désormais de simples prétextes à des tournées marathoniennes. Mais cet Inferno retrouve le feu sacré (si je puis m'exprimer ainsi). On reste scotché par la hargne d'un In The Black, on apprécie le cynisme d'un Life's A Bitch et on sera agréablement surpris par le blues mené à l'harmonica de Whorehouse Blues, qui apporte un peu de fraîcheur pour un final à l'ambiance de bar mal famé. Cela sent le souffre, le sexe, l'alcool et les dessous de bras, on a aucun problème à imaginer un troquet lugubre perdu au fond d'une impasse.

On notera la présence de Steve Vai qui vient se fendre d'un solo pour Terminal Show et de la fin de la partie lead de Down On Me, pour améliorer l'ordinaire en quelque sorte. Il reste suffisamment respectueux de l'esprit de Motörhead pour ne pas trahir de façon égocentrique l'ensemble. Cependant, Motörhead parvient lui-même à s'embourber dans ses travers habituels, cette manie d'enclencher le pilotage automatique et de devenir redondant. On sait quand le groupe est bon, on devine quand il évolue à l'ombre de son talent.

Sans être un grand album, Inferno se laisse écouter avec un certain plaisir, le groupe semblant presque touché par la grâce à certains moments. Certainement le meilleur opus depuis le très bon Overnight Sensation de 1996, la tête qui sort de l'eau. Comme dirait Lemmy, l'eau ça fait rouiller, et là, on assiste à une cure de jeunesse.



Chroniquer cet album

Avis des chroniqueurs :
 



Chronique précédente

Tout

Chronique suivante


Commentaires


Magnifique ta chronique, je serait presque fier d'avoir ajouté l'album :) Tu as un don pour faire passer les sensations, j'en frissonne comme quand j'écoute l'album.
mer. 27 mai 09- 16:08  


Inferno - Infos

Voir la discographie de Motörhead
Infos de Inferno
acheter sur Amazon
Sortie : 2004
Genre : Heavy Métal
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Terminal Show (03:45)à écouter en premierlistenparoles de Terminal Show
2. Killers (04:15)paroles de Killers
3. In The Name Of Tragedy (03:04)paroles de In The Name Of Tragedy
4. Suicide (05:08)paroles de Suicide
5. Life's A Bitch (04:12)listenparoles de Life's A Bitch
6. Down On Me (04:12)paroles de Down On Me
7. In The Black (04:32)paroles de In The Black
8. Fight (03:42)paroles de Fight
9. In The Years Of The Wolf (04:20)à écouter en premierparoles de In The Years Of The Wolf
10. Keys To The Kingdom (04:47)paroles de Keys To The Kingdom
11. Smiling Like A Killer (02:43)paroles de Smiling Like A Killer
12. Whorehouse Blues (03:54)listenparoles de Whorehouse Blues
écouter : Ecouter l'album



Motörhead

Albums chroniqués :
Chronique de Aftershock
Aftershock
2013

Chronique de Kiss Of Death
Kiss Of Death
2006

Chronique de Inferno
Inferno
2004

Chronique de Overnight Sensation
Overnight Sensation
1996

Motörhead
Motörhead
Voir la page du groupe
Création : 1975
Genre : Hard Rock
Origine : Royaume-Uni

Rapports de concerts:



Groupes en rapport


Hawkwind
Hawkwind
Voir la page du groupe
Création : 1969
Genre : Autre
Origine : Royaume-Uni

Rapports de concerts:

Girlschool
Girlschool
Voir la page du groupe
Création : 1975
Genre : Hard Rock
Origine : Royaume-Uni

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Black Ice
Black Ice
2008

Chronique de Black Ice
Black Ice
2008

Chronique de Ballbreaker
Ballbreaker
1995

Chronique de Ballbreaker
Ballbreaker
1995

AC/DC
AC/DC
Voir la page du groupe
Création : 1973
Genre : Hard Rock
Origine : Australie


Albums chroniqués :
Chronique de Babez for Breakfast
Babez for Breakfast
2010

Lordi
Lordi
Voir la page du groupe
Création : 1991
Genre : Hard Rock
Origine : Finlande

Rapports de concerts:

Alice Cooper
Alice Cooper
Voir la page du groupe
Création : 1964
Genre : Hard Rock
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Savage Amusement
Savage Amusement
1988

Chronique de Blackout
Blackout
1982

Chronique de Animal Magnetism
Animal Magnetism
1980

Chronique de Lovedrive
Lovedrive
1979

Scorpions
Scorpions
Voir la page du groupe
Création : 1971
Genre : Hard Rock
Origine : Allemagne

Rapports de concerts:

Aerosmith
Aerosmith
Voir la page du groupe
Création : 1970
Genre : Hard Rock
Origine : États-Unis

Rapports de concerts: