Dawn Of Victory dévoilait un visage plus agressif pour Rhapsody (qui n'était pas encore Of Fire) tandis que l'histoire que le combo rital relatait prenait une tournure plus violente. Fini de poser le décor, c'est la guerre et parole, ça va saigner ! La bande à
Luca Turilli a le vent en poupe et se permet de sortir ce mini album qui contient euh... une quête annexe et une histoire courte complète. Un mini album plus qu'un EP car ce disque ne suit aucun des codes habituels du format (pas de reprises, pas de morceaux live...).
La pochette annonce clairement la couleur.
Dawn of Victory tirait déjà sur le rouge, symbole du sang. ici, on va vers l'orangé du feu et la bataille fait rage, sous une pluie de flammes. Et le morceau d'ouverture,
Rain Of A Thousand Flames ne fait pas semblant. Le groupe regarde clairement en direction de
Holy Thunderforce et de ce heavy metal rapide ponctué de touches symphoniques qui ne sont pas là pour enjoliver, mais pour donner une véritable dimension guerrière à la chanson.
Fabio Lione est tout en puissance derrière le micro, se montrant tour à tour vindicatif, hargneux, puis subitement plus héroïque encore. Derrière, la batterie cogne fort, cogne juste, véritables tambours de guerre (mais des tambours de 85 kilos au bas mot et qui ont l'intelligence de ne pas ouvrir la voie au combat), la guitare se fait agressive, le clavier vient la suppléer avec classe. On tombe sur du lourd, du très lourd. Mais
Rhapsody Of Fire ne s'arrête pas en si bon chemin. Après un court intermède, il récidive avec le somptueux
Queen Of Dark Horizons, un titre épique de plus de treize minutes aux choeurs jouissifs. Habilement, le groupe glisse également des passages tirés de films de Dario Argento issus du groupe italien
Goblin (les mêmes qui sont coupables de la BO assourdissante du Zombie de Georges Romero). Avec ce titre, Rhapsody achève la première partie de ce mini lp sur une très bonne note. Le groupe s'est montré fougueux, inspiré et très bien en place.
L'histoire présentée progresse sous le nom de Rhymes Of A Tragic Poem The Gothic Saga, un titre où transpire tout le côté pompeux de la fantasy moderne ! En plus, il est quelque peu trompeur parce qu'on ne peut décemment pas parler de gothique ni pour le style ni pour le fond de l'histoire qui n'en a aucune caractéristique, sinon la couleur.
Tears Of A Dying Angel sert de mise en jambe, avec une très longue narration un brin trop théâtrale de Lione (ah ! les Italiens, comédiens du foot à la musique, si ce n'est pas de la passion pour la Comedia Del'Arte, ça !). Derrière, ça joue toujours très bien et les ambiances crées par
Luca Turilli et
Alex Staropoli font mouche et servent l'histoire en donnant une dimension plus tragique à l'ensemble.
Les deux titres suivants sont les plus faibles du lot.
Elnor's Magic Valley et son côté folk est bien mignonne, mais plutôt kitsch (à l'instar du
Trolls In The Dark sur
Dawn Of Victory), un passage obligatoire pour faire contraster l'innocence d'une fête avec les ténèbres qui s'annoncent sur
The Poem's Evil Page, relativement peu intéressante. Mais Rhapsody atteint le paroxysme de la courte histoire narrée ici et on se retrouve avec une nouvelle composition de plus de dix minutes,
The Wizard's Last Rhymes, où le groupe emprunte un passage de la
Symphonie du Nouveau Monde (note pour Int : tu devrais jeter une oreille sur cette oeuvre du répertoire classique) d'
Anton Dvorak. C'est grandiose, épique, majestueux. Les choeurs viennent apporter encore plus de puissance tandis que Fabio Lione, plus sobre, brille littéralement et compte également beaucoup dans la réussite de ce morceau époustouflant.
Rain Of A Thousand Flames n'est pas un chef d'oeuvre, il y a trop de parties qui n'arrivent pas au niveau des pièces maîtresses du disque. Mais si l'ensemble avait été de même qualité, on tiendrait là le meilleur disque de
Rhapsody Of Fire. Un mini album luxueux, riche, souvent lumineux, une valeur sûre pour le groupe italien qui pouvait aborder le dernière chapitre de la Saga de l'Epée d'Emeraude avec sérénité.