A Real Dead One est le second volet des aventures live de
Iron Maiden à paraitre en 1993. Le départ de
Bruce Dickinson étant connu, cela fait office de
testament scénique (et en même temps pompe à fric ; la Vierge de Fer avait sevré ses fans d'enregistrement en public depuis 1985). Une époque est désormais révolue.
Si
A Real Live One se concentrait sur la carrière du groupe post
Live After Death, celui-ci s'attarde logiquement sur la période pré-1985, l'âge d'or d'
Iron Maiden murmurent certains. Malheureusement, ce disque souffre du même problème de production que son grand frère.
Martin Birch, qui avait façonné le son Maiden durant les années 80, n'est plus de la fête et c'est
Steve Harris qui a repris les manettes. Si ce dernier est un bon compositeur, ses talents de producteur laissent clairement à désirer.
En effet, le son n'est toujours pas très bon. Certains morceaux perdent grandement en efficacité, comme le mythique
The Number Of The Beast,
The Trooper ou encore
2 Minutes To Midnight qui fait vraiment peine à entendre, surtout quand on a en mémoire la puissante version du
Live After Death. D'ailleurs,
A Real Dead One ne fait-il pas double emploi par rapport à ce live légendaire ?
Oui et non. Les classiques du groupe n'ont pas varié, ils sont restés les mêmes. Mais certains albums ont droit à un traitement de faveur. The
Number Of The Beast, évidemment, avec comme d'habitude ses trois extraits typiques, mais également (et c'est assez étonnant) le premier album éponyme, avec pas moins de six chansons. Bien sûr, cela se fait au détriment d'autres albums, comme Killers, tout simplement écarté, ou Powerslave, tout juste représenté. Maiden a donné l'opportunité aux fans qui ont suivi la tournée de soutien de
Fear Of The Dark d'entendre des morceaux rarement joués en live, voire jamais par Dickinson. Ainsi, on écoute béat le massacre de
Prowler, on savoure l'instrumentale
Transylvania et surtout, on s'incline face au splendide
Remember Tomorrow... Sans vouloir rabaisser les qualités du rouquin derrière le micro, on comprend pourquoi ces morceaux n'étaient pas interprétés plus souvent, il manque la hargne punkisante d'un
Paul Di'Anno pour cela.
Musicalement, les musiciens prennent toujours autant plaisir à jouer ces titres d'anthologie. Il y a de la fougue derrière ce mur de son, une envie qui fait plaisir à entendre. Même s'ils ne sortent pas souvent du moule, les guitaristes modifient quelque peu leurs soli, s'autorisent parfois un peu de fantasy (à la fin de
Sanctuary, ils semblent d'ailleurs reprendre brièvement le riff de
Keep Yourself Alive de
Queen). Et bien sûr, le disque se termine par
Hallowed Be Thy Name, une version excellente qui plus est.
Mais ce disque vaut-il le coup ? Pour quelques morceaux rarement joués en live ? Parce qu'on est fan de la Vierge de Fer ? Autant investir dans la version double, A Real Live Dead One, parue en 1998 ou mieux encore, s'attarder sur le
Live At Donington qui a le mérite de représenter un concert entier plutôt que des dates piochées ça et là, au détriment d'une logique de son... Sinon, libre à vous de voir. Mais là, ça fait tout de même
Live After Death au rabais.