1993 sera une année faste pour
Iron Maiden puisque outre le départ annoncé de
Bruce Dickinson, le groupe publiera trois albums live, rien que ça !
Le premier à sortir sera ce A Real Live One, qui se concentre sur la carrière post
Live After Death de l'honorable formation britannique, soit quatre albums studios tous plus ou moins représentés ici. S'il parait logique que
Fear Of The Dark soit mis à l'honneur puisque les titres ont été enregistrés lors de la tournée le soutenant, on peut en revanche déplorer que
Somewhere In Time ait été mis de côté, à l'exception d'un
Heaven Can Wait trop traditionnel pour être clairement passionnant.
Chaque morceau provient d'un concert différent ou presque, celui d'Helsinki s'imposant brillamment avec trois extraits. Si le travail sur l'enchaînement est plutôt bon, la continuité n'est pas la même dans le son. Certains passages sont bien plus brouillons, comme ce
Be Quick Or Be Dead introductif, où Dickinson semble avoir branché le pilotage automatique. D'ailleurs le rouquin ne parait pas toujours très concerné par ce qu'il chante ; on saisit bien la lassitude qui avait pu l'envahir à l'époque et sa décision de quitter la poule aux oeufs d'or pour se consacrer à une carrière solo plus épanouissante. Si l'on apprécie l'effort consistant à parler en français pour expliquer que
Wasting Love n'est pas un exercice habituel pour la Vierge de Fer, on peut être déçu par son manque d'implication sur des compositions mythiques du combo. Sa prestation reste en demi-teinte sur
Can I Play With Madness tandis que derrière lui, le groupe sert des choeurs barbares et sans finesse.
On remarquera tout de même que les morceaux issus de
No Prayer For The Dying passent très bien l'épreuve de la scène et prennent ainsi une dimension nouvelle, appréciable. Ceux de
Fear Of The Dark s'y adaptent également très bien, surtout le titre éponyme qui explose, avec une montée en puissance à faire froid dans le dos. Seulement, l'absence de morceaux mythiques comme
Stranger In A Strange Land ou
Wasted Years a quelque chose de dérangeant, comme si
Steve Harris en voulait toujours à
Adrian Smith de s'être fait la malle et préférait ne lui reverser qu'une part infime des royalties... Car cela a été dit précédemment,
Heaven Can Wait bénéficie d'un refrain sympathique à reprendre en choeur en concert, mais n'en demeure pas moins une des compositions les plus traditionnelles de
Iron Maiden (comprenez harrissienne)...
A Real Live One laisse un goût d'inachevé en bouche. Il faut dire, un concert de Maiden sans un
Trooper ou un
Hallowed Be Thy Name n'est pas vraiment un concert de
Iron Maiden. On sent que la scène reste son domaine de prédilection, mais il n'y a pas de quoi être satisfait pleinement. Aussi, pour avoir un rendu plus appréciable de cette époque, mieux vaut se concentrer sur le Live At Donington qui a en plus le mérite d'être un concert entier... Celui-ci est à réserver aux irréductibles.