Ce premier album de
Persuader voit le jour en 2000 et le public Français peut pour une fois mettre la main facilement sur le produit, vu que dans l'Hexagone, c'était NTS qui en détenait les droits d'exploitation.
Persuader, c'est l'un de ces nombreux groupes qui a vu le jour après que
Hammerfall ait lancé la mode au revival heavy metal. Le "true metal" comme disaient certains. Mais à la différence de
Sonata Arctica qui basait son travail sur celui de
Stratovarius, ou de Nostradaemus qui lorgnait du côté des comparses suédois de la chute de marteau, le groupe mené par un
Jens Carlsson convaincant ne cache pas son amour pour
Blind Guardian et les premiers efforts de
Helloween, à l'époque où Kai Hansen en était encore le chanteur.
Passons rapidement sur la pochette qui joue à fond la carte de la fantasy pour nous intéresser immédiatement au contenu. Dès le premier morceau, la démarche n'est pas sans rappeler le
Starlight des Citrouilles teutonnes. L'introduction est une succession de courts passages radiophoniques qui laissent place à une déferlante heavy metal d'une robustesse inattendue. Riffs gras, rythmique puissante, agressivité à peine tenue en laisse, chant barbare qui ne cherche pas la sophistication... Et là, on se dit que le mouvement qui devenait doucement aseptisé peut également devenir bien jouissif. Très vite, on se met à hurler les "Fire At Will" du refrain en choeur avec le reste du groupe en tapant du pied pour suivre le rythme.
Et l'album se déroule, comme un champ de bataille où l'auditeur serait l'un des guerriers. Certains passages sont plus mélodiques (comme
Cursed et ses relents à la
Iron Maiden), d'autres prennent une dimension épique (
The Hunter,
Heart And Steel qui n'a rien à envier aux compositions les plus warrior de
Manowar)...
Secrets, court instrumental en position charnière au milieu de cet opus barbare ménage un bref instant de répit au coeur de la bataille, pause salvatrice qui permet d'entamer une seconde partie tout aussi virulente que la première.
Persuader ne fait pas semblant et inflige une sérieuse correction heavy metal à ceux qui veulent bien se risquer à pénétrer dans son antre. Ce n'est pas un disque forcément orignal (comme disent les caribous), mais il est honnête et le groupe n'essaye jamais d'arrondir les angles pour que ça passe mieux, ne cherche pas à pondre une ballade qui permettrait un passage radio pour séduire un public plus large. Non,
Persuader veut se construire dans la fureur et sans compromission. Il n'est pas étonnant que ce groupe ait souvent eu l'honneur de lire dans la presse spécialisée qu'il s'agissait là d'un des meilleurs premiers albums de cette année 2000. Les amateurs du
Blind Guardian du début des années 90 et du
Helloween le plus violent devront trouver ici leur compte. Ceux qui préfèrent un son plus lisse peuvent s'y risquer, mais gare aux acouphènes !