Dans la mythologie du metal, Varg Vikernes est un personnage incontournable. Génie pour certains, taré pour d’autres ou tout simplement les deux, le norvégien n’a jamais brillé pour son intelligence et sa constance. Après le meurtre sauvage d’Euronymous (
Mayhem) et l’incendie d’églises norvégiennes, le voici derrière les barreaux avec interdiction d’utiliser des micros, des guitares ou n’importe quel instrument de type analogique. Mais alors comment M. Vikernes a-t-il pu composer cet album ? Hé bien c’est simple : avec un bon vieux clavier de l’an 1000, celui avec lequel on composait les bandes son des jeux vidéos 16 bits. Si si…
Alors que dire ? Après des monuments comme
Hvis Lyset Tar Oss et Filosofem, perles rares de musique minimaliste, qui commençaient cependant déjà à dévoiler ses limites sur Filosofem, force est de constater que Varg témoigne ici de es limites. En s’attaquant à l’histoire de Balder, fils d’Odin, Varg montre sa nouvelle croyance pour le paganisme après avoir rejeté le nazisme (parce que hé ho, ils aimaient pas trop les Norvégiens !) avec qui il avait pourtant passé de bon moment. Daudi Baldrs, s’il part d’un thème intéressant, est cependant un album plus que médiocre.
Il faut alors remettre les choses en ordre : Varg joue avec un clavier moisi et l’étroitesse de sa cellule doit se répercuter sur celle de sa création. Entre des sons totalement nuls où une sorte de trompette rappellerait presque les Game Over des jeux 16 bits (« Daudi Baldrs ») et surtout (car il faut éviter de condamner l’instrument) des compositions inintéressantes tant le minimalisme est poussé à l’extrême, Daudi Baldrs ennuie. On cherche la miette, le soupçon d’émotion, d’intérêt, mais rien ne sort. Et là, avec la mélodie au piano dépressive et mélancolique d’« Illa Tidandi », seul élément qui dégage à peu près quelque chose, on se demande : Daudi Baldrs n’est-il pas le fond caverneux de la misère dans laquelle se trouve Varg ? Car après plusieurs écoutes à triturer, à sonder l’album sans rien y trouver, on se demande si Varg n’a pas mis dans cette musique toute la dépression qu’il peut ressentir dans sa cellule, toute la tristesse qu’il vit. Alors oui, on rêve peut être, mais ce serait un rêve tellement beau que de se dire que Varg Vikernes a voulu mettre quelque chose dans cet essai…
Daudi Baldrs est l’annoncement de la déchéance de Varg, déchéance qui sera atteinte sur Hlidskjalf, summum d’inutilité. On en vient presque à se demander si c’est bien le gars derrière le génial
Hvis Lyset Tar Oss… A conseiller aux nostalgiques de Mortal kombat…et encore.