En 1996,
Sepultura règne en maitre sur la scène metal. Le petit groupe de Belo Horizonte a grandi dans l’ombre, sortant un premier album douteux et mystérieux, Morbid Visons. C’est alors qu’un changement survient chez la bande de
Max Cavalera. Il déménage à Sao Paulo, laissant derrière eux Jairo T. et engageant le talentueux Andreas Kisser. Le groupe se met à prendre de l’ampleur avec la sortie de
Schizophrenia, leur ouvrant la porte vers Roadrunner. Puis
Sepultura devient un grand en sortant coup sur coup, les succès que l’on connait.
Beneath The Remains, Arise, Chaos AD et le dernier venu Roots. Mais le groupe a tellement pris de l’ampleur que cela les a cassés dans la tribu. Andreas, Paulo et Igor, le frère de Max, veulent quitter le groupe car selon eux, Gloria, la femme de celui ci, et également manageuse du groupe, met trop en avant le frontman brésilien. C’est donc Max qui quitte
Sepultura en décembre 96 … C’est la fin d’un géant.
Roadrunner, en particulier Monte Corner, avait bien senti le filon en signant
Sepultura, alors qu’ils étaient encore jeunes, près de 9 ans plus tôt. Il a d’ailleurs à plusieurs reprises mentionnés que sa plus belle fierté était
Sepultura. Et il l'aimait tellement qu’en 2002, alors que
Soulfly s’empare d’un siège important sur la scène mainstream et que
Sepultura fait peine à voir avec un Nation, qu’il décide de sortir un nouveau live de
Sepultura. Mais pas n’importe quel live. Il s’agit du dernier show du mythique combo brésilien à Londres, à la salle de la Brixton Academy, que le groupe a entreprit pendant la promotion de Roots, le 16 décembre 1996.
L’ambiance est bizarre, le groupe sait qu’il va se séparer mais joue une dernière fois, pour immortaliser ce moment.
On a pour l’occasion une set list regroupant tout les plus grand succès de
Sepultura, retraçant chaque album, chaque moment fort de leur carrière. L’album Roots a été critiqué à sa sortie, dû à ses sonorités s’approchant du néo metal, vivement conspué par les fans old school de thrash et de death. Mais cela n’empêche pas à la « bande » de Max d’envoyer un Roots Bloody Roots aigri, succédant à un Itsari amazonien. On survole le disque de manière assez rapide en fin de compte, l’ambiance est chaleureuse de la part du public, Max répète sans cesse qu’il l'aime, mais rappelle toutefois que c’est la fin.
Les chansons sont écourtées, certaines parties bâclées, comme sur le classique, Desperate Cry, où on n’entendra pas de solo. On repasse même vers les débuts du groupe, avec un Necromancer revu au goût du jour, avec un son digne, métamorphosant agréablement ce titre. Mais on peut aussi regretter l’oubli, voulu ou non, en ne voyant pas apparaitre Propaganda. Le morceau en live est disponible par contre sur une compilation du groupe sortie en 1997, Blood Rooted. Néanmoins, ici, rien.
Refuse Resist est sans doute là pour satisfaire les envies et désirs, tout comme l’hypnotique et envoutant We Who Are Not As Others. La venue de Joao Gordo de R.D.P. rend le moment plus intense avec Biotech Is Godzilla. Bref, tout le concert a tout pour être réussi. Mais on sent et on sait qu’il y a quelque chose au sein du groupe.
Ce n’est pas Ratamahatta qui changera la donne, ni même le morceau de
Motörhead, Orgamatron, qui comblera les fans à 100%. Le groupe ne prend plus le plaisir comme cinq années auparavant. Ici, on ressent un groupe bouffé par le business et ce n’est pas cela que l’on attendait d’eux. Il suffit de voir sur la vidéo
Under Siege, un concert du groupe à Barcelone en 91, pour constater que ce n’était pas ça
Sepultura.
Malgré la bonne volonté de faire bien,
Sepultura s’est laissé marcher dessus. Roadrunner a trouvé là l’objet parfait pour se faire un max (sans mauvais jeu de mot). Par contre, le consommateur s’est fait entubé, même si il ne ressentira pas ce gout amer au départ. Un objet de collection, certes, mais pas un objet de qualité incontournable. Allez donc écouter ou regarder le concert du combo donné à Donington en 1994, ça avait plus de gueule.