« Persister, demeurer ferme et constant dans un sentiment, dans une manière d’être ou d’agir, dans une résolution. »
Ça vous donne une bonne idée de la mentalité et de l’optique des
Hatebreed. En 2002, la scène hardcore devait retrouver un chef d’orchestre et les maîtres en la matière font triste mine.
Biohazard n’est plus que l’ombre de lui-même,
Merauder n’avait pas réussi à rester au niveau de leur terrifiant
Master Killer et
Madball est très proche de la rupture …
Hatebreed est né de l’école
Slayer,
Metallica,
Sepultura &
Obituary, mais aussi de grands noms comme
Cro-Mags,
Agnostic Front ou encore
Sick Of It All. Deux visions qui n’ont fait que se côtoyer pendant des années, sans jamais réellement aboutir à une entente parfaite. Les engendreurs de haine ont décidé d’offrir un condensé de brutalité, typiquement hardcore, associé à la lourdeur, la violence et la haine dégagées dans le métal. La mixture donne un cocktail explosif, bouillant d’énergie et de rage.
Perserverance sort fraîchement pour les Européens ne connaissant pas la musique d’
Hatebreed, puisque Satisfaction Of The Death Desire n’a pas été distribué sur le vieux continent. C’est donc un groupe jeune, neuf, mais pas innovant qui décide de décharger son foutre.
Peu inventif, c’est le moins que l’on puisse dire. Les guitares sont accordées très bas, le son est lourd, les riffs sont un condensé de punk et de métal et ça rend sacrément bien. La voix de Jamey Jasta a mûri comparé aux débuts du combo, depuis 1995 déjà …
Alors quand on prend coup sur coup des monstres du genre que sont « You’re Never Alone », « I Will Be Heard » et « A Call For Blood », on suffoque rapidement sous cette oppression musicale. Les titres sont furieux, voir survoltés, et on assiste impuissant à un massacre.
L’esprit hardcore est encore bien présent, les rythmiques sautillent, les refrains lobotomisent le cerveau et c’est là où la bande veut en venir. Jamey Jasta crache ses trippes, il scande et impose sa vision de la haine. Du début à la fin des morceaux, à l’instar du tremblant Hollow Ground ou du destructeur Smash Your Enemies, le vocaliste se montre omniprésent, butant et rabaissant tout sur son passage.
L’atout majeur de ce skeud est qu’il contient vraiment une image qu’il lui est propre, proche du cliché hardcore dans les tics. Néanmoins, on ne peut pas lui reprocher sa force, sa puissance et surtout son efficacité. Ce qui fera d'
Hatebreed un cador du milieu est déployé ici sauvagement, sans doute avec beaucoup plus de fraîcheur et de sincérité que sur leurs productions suivantes, bien que l’on ne puisse pas dire que les gaillards se soient tellement assagis avec Rise Of Brutality, opus qui fera encore prendre de l’ampleur aux ricains.