Trois ans après un
Demanufacture futuriste et complètement dément,
Fear Factory se devait d’offrir à ses fans, une suite autant, voir plus réussie. Obsolete avait pour lourde tâche de succéder à un
Demanufacture qui avait laissé des traces dans les mémoires.
Pour cela, deux solutions s’offraient à l’usine de la peur :
- Évoluer et reconstruire des bases avec le risque de se vautrer
- Continuer sur ses bases et fournir un brûlot de la même trempe
Le choix était tout fait. Les californiens décidèrent de continuer sur le chemin ouvert et d’envoyer un Obsolete aux caractères Demanufacturien.
On note que le line up reste le même que sur le précédent opus avec : Burton C. Bell au chant, Dino «MacDonald » Cazares à la gratte, le belge Christian Olde Wolbers à la basse et le fusil mitrailleur, Raymond Herrera, derrière la batterie.
Fear Factory ne s’est donc pas prit la tête, préférant jouer sur la stabilité du groupe, avec pour thème le conflit homme/machine. Même après les trois années que s’étaient accordé les membres de l’usine de la peur pour leurs side-projects, le son est toujours identique à quand on avait quitté la troupe précédemment. Burton C. Bell a effectué un travail de recherche plus important pour ce nouvel opus, Obsolete est donc une histoire qui se situe en 2076, inspiré par Ces garçons qui venaient du Brésil (Boys From Brazil) d’Ira Levin, Le Meilleur des Mondes (
Brave New World) de Aldous Huxley ou de 1984 de George Orwell, avec pour héros Edgecrusher, cherchant à détruire le système…
Nous voilà donc dans une histoire tordue, digne d’un scénar’ de SF.
Côté musique maintenant. Dès les premières notes de Shock, c’est un groupe en confiance que l’on retrouve, suivi rapidement par l’énorme Edgecrusher, mettant rapidement les choses au claire.
Fear Factory n’a pas l’intention de baisser le régime instauré par
Demanufacture avec cet album. Les riffs sont aiguisés, toujours aussi lourd et gras, suppléants –comme à son habitude- l’imposant jeu de batterie qu’offre Raymond Herrera. L’ambiance se veut plus urbaine, moins froide que sur son prédécesseur, on a cette étrange impression d’être en plein Los Angeles, recherché par une horde de robots sanguinaires avec Securitron (Police State 2000).Le chant de Burton C. Bell n’a pas changé, il semblerait même que le chanteur ait gagné en justesse et en puissance (par exemple : Descent)…
Les différences avec
Demanufacture sont tout de même présentes. La production est bien plus chaude, moins glaciale et musicalement, Raymond Herrera offre un jeu de batterie plus souple, moins rude et métronomique. A première vue, Obsolete a l’air bien plus complexe à comprendre que son grand frère, peut-être moins percutant, mais tout autant diversifié. Burton C. Bell se permet même de chanter une chanson avec un registre entièrement clair du début à la fin en la présence de Timelessness, titre complètement aérien et en hommage aux influences new wave du bonhomme, clôturant l’histoire de Edgecrusher capturé par les forces Securitron. Cela prouve l’étendu du contenu vocal de l’hurleur de l’usine de la peur.
Obsolete est un nouveau succès pour
Fear Factory, proche du mythique
Demanufacture. Ce nouvel album apporte son lot de nouveauté, malgré une envie de continuité évidente de la part des californiens. Maintenant à vous de choisir lequel vous préférez,
Demanufacture ou Obsolete ?