Une fois lancé, le bœuf ne s’arrête pas en si bon chemin. Si
The Rise Of Brutality avait permit à
Hatebreed de franchir un échelon supplémentaire, Supremacy allait enfoncer le clou. Il aura fallut 3 ans pour que ce disque arrive, c’est une attente longue, dû aux tournées successives de la bande à Jamey Jasta sur le continent américain et en Europe, où leur réputation est grandissante.
Hatebreed voit l’arrivée de Frank Novinec au poste de deuxième guitariste, choix discutable étant donné qu’il n’apporte rien musicalement, mais qui fait bénéficier de son expérience puisqu’il évoluait au sein de nombreux combo hardcore de renom tel que
Integrity ou
Terror...
Musicalement maintenant. Est-ce que
Hatebreed va tenter de nous surprendre ?
La réponse est claire : non.
Pourquoi changer une formule qui marche ? C’est certainement ce qu’on dû se dire les membres d’
Hatebreed, mais également ceux de
Cannibal Corpse ou d’
Obituary, évoluant dans le même genre sans rien n’avoir changé pendant 20 ans.
On est donc heureux de constater que les vocaux énervés de Jamey Jasta sont plus que présents, que les riffs du duo Martin/Novinec sont toujours aussi gras, tranchants dans la chair et plus meurtrier que jamais. Que dire de la débauche de haine – limite perverse- sur Destroy Everything ? Que dire sur The Most Truth, véritable hymne à la vengeance ? Et bien que
Hatebreed n’a rien perdu de sa magie (ou devrait-on dire « haine » ?).
Supremacy n’est pas cet album où vous pourrez entendre des power ballades servant à se taper des gonzesses, ni même un de ces albums que vous mettrez avant de vous coucher. Non, Supremacy c’est le genre d’album que vous mettrez à fond dans votre caisse avant de partir bosser ou le genre d’album que vous mettrez quand vous aurez le cafard. Parce qu’il ne faut pas se voiler la face,
Hatebreed ne fait pas dans le sentimental, le groupe canalise tout ça et nous le renvoie (voyez ça avec Never Let It Die…). Pas de place pour l’amertume, ni pour le remord.
Parlons de la production, absolument grandiose. Zeuss est encore une fois présent derrière le groupe, souvent décrit comme un sixième membre. Le son produit par l’américain est puissant, parvenant à distinguer chaque instrument avec brio. Un travail énorme...
Supremacy est donc une suite plus que logique de
The Rise Of Brutality. S’imposant largement auprès des fans, il permettra à
Hatebreed d’atteindre la reconnaissance et d’affirmer leur position musicale, lorgnant plus vers le metal tout en gardant une étiquette hardcore. Supremacy est un must de violence et de force.