Trois années se sont écoulés depuis l'éponyme et
Deftones revient avec ,d'après les dire de monsieur Chino Moreno "l'album le plus violent du groupe". Annonçant ça à toutes les sauces possibles depuis des années, je ne me fis qu'à mes oreilles pour démontrer cela.
On retrouve le jazzy Chi Cheng à la basse, Abe Cunningham derrière les fûts, Franck Delgado aux samples, Stephen Carpenter à la guitare et donc Chino Moreno au chant et assurant certaines parties guitare.
On attendait ce cinquième album au tournant en se posant la question: "Mais à quoi va ressembler ce skeud ?!?!"
Malgré quelques accrochages à propos de l'orientation du groupe entre Chino et Stephen, le groupe reste soudé et n'oublie pas que
Deftones reste à la base un délire d'ado. Mais entre le projet parallèle de Chino, Team Sleep au sonorité new-wave et les problèmes de production, on se demandait surtout si l'album allait voir le jour.
Saturday Night Wrist débarque le 31 octobre 2006 contre toute attente et franchement c'était pas trop tôt, il aura fallut près de deux ans à l'album pour voir le jour !!!
Les premières notes du spacial Hole In The Heart suffise à nous rassurer, néanmoins le côté new wave si redouté est bel et présent. La voix de Chino, si caractéristique du combo, est beaucoup mieux maitrisé que par le passé. Aérienne et mélancolique sur un titre déjà présenté quelque mois auparavant en live, Beware et son final nous rappelant vaguement un certain groupe suédois du nom de
Meshuggah.
Quels rapports entres
Meshuggah, la new wave et cet album de
Deftones?
Et bien pratiquement aucun si ce n'est de nous surprendre dans des compositions à la fois improbable et complétement génial à l'image d'un Rats!Rats!Rats! surpuissant où toute la finesse de Abe sera à nouveau remarquée ...
Mais n'allons pas trop vite car
Deftones est là mais pas du tout où on l'attendait, avec un nostalgique Xerces où l'on peut entendre un solo !!! Du jamais vu dans
Deftones.
Il y a ensuite le duo
Serj Tankian avec la bande qui fera des ravis, pour ma part, cette chanson est une véritable déception. Une bonne chanson mais nul relative aux capacités vocales du bonhomme, je m'attendais à nettement mieux.
U,U,D,D,L,R,L,R,A,B,Select,Start vient encore nous surprendre, puisqu'il s'agit d'une chanson instrumentale au origine electro. Un titre à savourer !!!
Frank Delgado délivre des atmosphères des plus inspirés, nous transporte et nous fait planer dans les airs, on ne peut que saluer la prestation du jeune homme qu'on avait tendance à un peu zapper dans le groupe.
Massive Attack pourrait aussi faire partie de la liste impressionante d'influences qui peuplent cet album avec un titre comme Pink Cellphone au thème sexuel envoutant. Ce n'est pas une coincidence si
Deftones a choisit Shaun Lopez pour produire son album, avec un son propre, claire et varié.
C'est en forme de thérapie que Chino parle de drogue, d'alcool et de son ex-femme Celeste dans des textes lourd de sens. On est très loin de la violence que nous avait promis Moreno mais alors quelle claque surtout quand on entend ses alternances hurler et chanter. Le basse de Chi n'est pas à remettre en cause avec une présence sur Kimdracula ou autre Combat, le diplomé en langue anglaise assure des back vocals de qualité sur un Rivière terminant cet album harmonieux.
Ces deux ans à l'attendre auront valut le coup, avec un son digne de nom, plus doux et riches en influences. Sans cesse en renouvelement cet album est dans la lignée des précédents et remonte la bande de Sacramento dans mon estime.
Deftones nous surpend, nous charme et revient de loin. Résultat qui pourrait satisfaire beaucoup de fans du groupe, ainsi que les fans de musiques en général. Facile et abordable, il ne faut pas cent fois pour s'approprier cet opus délicat.
Donc résultat payant pour ce SNW, qui remporte avec brio le droit d'être remis en boucle !