Deftones a longtemps été marqué au fer par l’étiquette « neo metal », ce que le groupe a souvent rejeté (comme la plupart des autres de l’époque comme
KoRn). Et cela n’a jamais posé de soucis à la bande de potes de Sacramento pour pondre des albums de qualités, et surtout riche en émotion. Même si l’émotion n’atteint pas son paroxysme sur Adrenaline ou
Around The Fur, on a toujours pu percevoir ces touches envoutantes avec des morceaux comme Mascara ou Fireal.
Le « poney blanc » marque l’adoucissement du groupe, avec des sonorités inspirées du New Wave. C’est normal puisque c’est Chino qui a décidé de s’imposer un peu plus et d’apporter plus d’émotions à la musique de
Deftones. Mais le petit Stephen Carpenter, qui lui voulait un album plus metal, avec moins de chichi n’a pas été de cet avis. Finalement, les deux se sont mis d’accord pour composer chanson par chanson.
Tout le monde sera du même avis quant au choix du producteur, il s’agira nul autre de Terry Date , présent déjà sur les deux précédents opus. D’ailleurs, pourquoi changer une équipe qui gagne ?
La présence de Frank Delgado se fait nettement ressentir dès le démarrage de l’aérien « Feiticeira », le DJ prend de plus en plus part aux compositions du combo et cela s’entend. Au désespoir de Stephen ? Delgado et Carpenter ont fait un travail important pour les effets sur la guitare et les ambiances du White Poney. Le groupe est en place et va dans une direction plus que plaisante, pleine de beauté et de romantisme.
Ce ne sera pas Knife Prty qui fera penser le contraire, nous emportant sur une plage chaude et envoutante. Ce morceau sera d’ailleurs joué à
Hawaii pour la sortie d’un DVD, un an plus tard, avec une version acoustique absolument magnifique.
Deftones joue la carte du charme sur cet opus et le fait bien. Même les attaques rugueuses du guitariste n’apporteront qu'un approfondissement à cette ambiance d’été. Korea ne fait qu’engouffrer l’auditeur vers une folie assommante, avec un effet d’insolation à risque.
Les moments forts de cet opus sont nombreux. Si ce n’est sans compter la venue de Maynard James Keenan, célèbre chanteur de
Tool, partit poser sa voix avec Chino sur un Passenger déchirant, parfois dérangeant, où la palette vocale qu’on nous propose scintille de talent. Le douloureux Change (In The House Of Files), présent sur la B.O. de
Queen Of The Damned, est hérissant, l’ambiance est sombre et paradoxalement lumineuse.
Beaucoup, beaucoup de surprises que cette orientation musicale prise soudain par le groupe. De l’incompréhension de la part des premiers fans, c’est normal, mais en aucun cas,
Deftones est devenu mauvais. Chino a toujours affirmé ses influences New Wave et voilà ce que ça donne quand on mélange ça avec la bande.
White Poney est un album de référence de
Deftones, voir du neo metal en général. Cet opus casse les préjugés face à la facilité prise par certains groupes et démontre l’étendue du talent des mecs de Sacramento. Après deux albums, Adrenaline et
Around The Fur, on a le droit à un combo adouci et mieux préparé qu’auparavant, mais aussi, beaucoup plus sûr de lui.
Un album qui nous donnerait facilement envie de planer dans les airs …