Après avoir donné au monde du métal un premier album honnête mais loin d'être révolutionnaire, la bande body buildée de
Glenn Danzig revient, avec un disque assez inégal finalement, où le très bon cotoîe le vu et revu. Heureusement pour l'auditeur et pour le groupe, le très bon ici ouvre la porte à des choses totalement uniques, qu'on ne retrouve qu'avec
Danzig, parfois redondantes mais en tout cas toujours originales.
Autant parler de ce qui fâche tout de suite: ça pue le heavy. Les amateurs inconditionnels du genre seront ravis, ceux qui n'aiment pas...n'aimeront pas, et ceux qui fouinent à la recherche d'innovations et d'expérimentation resteront globalement sur leur faim. Franchement, l'influence de
Black Sabbath est omniprésente, parfois on a l'impression d'avoir affaire à du copié collé, notamment sur Snakes of Christ qui rappelle Twist Of Cain, du précédent album, et
Pain in The World semble tout droit tiré de l'opus éponyme du
Sabbath.
Mais à côté de ce "déjà vu" assez chiant, on trouve des pistes bien rock'n roll, qui envoie le bois très honnêtement. Glenn
Danzig s'en donne à coeur joie sur Long Way Back From Hell et Tired of Being Alive, donnant à fond dans la ressemblance vocale avec Morrisson, et Killer Wolf sonne comme une chanson "spécial strip tease". C'est très direct, mais très sympa, et efface la mauvaise impression de la première écoute.
Cependant le point fort de cet album, sont surtout les nuances développées en seconde partie d'album. Ce petit côté parfois bluesy (comme sur I'm The One par exemple, ou 777), parfois très "dark"(Devil's Playing, mais je reviendrait dessus), qui fait que, enfin,
Danzig sonne comme
Danzig et pas comme autre chose, ou pas comme son album d'avant. L'exemple parfait de ces prouesses, est sans doute Devil's Playing: un début tout gentil avec une voix triste, et ensuite, toute la puissance disponible est déployée, soutenue par le chant sans faute de celui qu'on appelle Evil Elvis. Ce genre de titre annonce la tournure Doom/Indus que prendra le groupe une demi douzaine d'années plus tard.
En conclusion, il ne faut pas se laisser rebuter par la première impression que l'on peut avoir en écoutant ce
Lucifuge. Si les réfractaires au Heavy ne l'aimeront sûrement pas, l'auditeur averti et qui n'est pas forcément un inconditionnel du genre a intérêt à oublier les titres qui sonnent trop "contrefaçon" et à goûter les quelques morceaux vraiment intéressants qui se cachent sur ce disque. Ils annoncent quelque chose de très prometteur.Le reste n'est pas forcément à réécouter.