Premier opus de
Danzig, exit les
Misfits, fini l'horror punk sauce New Jersey pour M. Anzalone, a.k.a. Glenn
Danzig, a.k.a. Evil Elvis. Voilà quelque chose de moins second degré, de plus sombre, de moins fun. C'est un tournant dans le métal, enfin, pas cet album, mais la période et ce qu'il représente. Nous sommes en 1988,et
Master Of Puppets ainsi que
Reign In Blood ont redéfini pas mal de choses chez les chevelus deux ans auparavant. La fin des eighties, pour le métal, ça veut dire que le chant clair va laisser sa place aux growls et autres voix rauques, ouvrant la voix à des choses de plus en plus brutales. Enfin, on va finir l'introduction parce que, même si cet album est à classer entre le "trop rétro! waaw j'vais l'écouter puis manger des barquettes trois chatons sur ma table en formica éclairé par ma lampe sixties, et un bon perfecto sur le dos" et le "sympa, mais loin d'être une révolution totale"...
Ouais ça sonne kitsch un peu quand même. Par kitsch, j'entends super daté, et totalement assumé, Glenn n'y va pas par quatre chemins: ici on est burné, on aime
Black Sabbath(cela s'entend) et on donne dans du Heavy teinté de Blues. L'ère est au thrash, le son lourd c'est ringard?
Fuck you ! Là on n' est pas dans de l'ultra technique, de l'ultra rapide, c'est balancé et chaloupé, avec ce qu'il faut de virilité et puis hop. Des chansons comme Soul On Fire sont à des années lumières du génie qu'on pouvait trouver à cette époque là, en terme de modernité et d'inventivité. Mais là c'est du heavy fait avec honnêteté et les musiciens sont assez en forme, sans rien révolutionner comme je l'ai dit précedemment. Glenn est même très à l'aise dans un chant rock/blues qui donne l'impression qu'il est la réincarnation de Jim Morrison. Profitez-en sur Possession et Mother, notamment. Le batteur a un jeu sympa aussi.
L'intérêt majeur de
Danzig(le groupe comme l'album), en fait, c'est que c'est loin de toute tendance, dans un trip personnel du frontman, selon ses envies du moment. Très directe, cette galette ne cherche pas très loin, mais ne fait pas dans le faux semblant non plus. On passe un moment agréable, on secoue ses cheveux, on fait les cornes du diable et ensuite on se replonge dans une oeuvre plus obscure, plus dure d'accès, qui a vraiment jeté un pavé dans la mare.
Mais au regard de ce que Glenn
Danzig a fait, rien, ni dans les
Misfits ni dans
Danzig n'a vraiment changé la face de la musique. Et surtout c'est envers et contre toutes les modes ou presque: si cet album se vendra bien, ce ne sera que quatre ou cinq ans après sa sortie. D'ailleurs, avec
How The Gods Kill, cela doit être une des rares réussites commerciales du groupe, qui n'a qu'une seule vocation: développer musicalement l'univers si particulier de son leader.
Petite anecdote pour la route: "Jaymz Heïtfilde" himself fait les choeurs sur certaines chansons...