Queensrÿche est un groupe qui, après avoir sorti des albums de très grande qualité, connaitra une période bien moins glorieuse. Après avoir tenté de faire revire le passé avec un
Operation:Mindcrime II qui n'aura pas enthousiasmé les foules, et après un album de reprises,
Take cover, reçu fraichement, le groupe de Seatle nous reviens en 2009 avec un album tout beau tout neuf.
American soldier est un album conceptuel, non pas comme
Operation:Mindcrime qui racontait une histoire, mais dans le sens où tous les morceaux traitent du même sujet: la guerre, sujet qui aura traumatisé les Américains sous l'ère Bush. Le chanteur Geoff Tate a interviewé des vétérans de différentes guerres afin de composer cet album qui se veut un peu comme un reportage. Les morceaux d'American Soldier nous montrent la guerre à travers les yeux des soldats, mais aussi les conséquences ("If i were a king") ou le retour à la vie sociale ("Man down!"). Pour que l'album soit totalement imprégné du monde des soldats, Geoff Tate a enregistré certains de ses entretiens, et on retrouve dans les chansons des dialogues de soldats eux-mêmes.
Musicalement, American Soldier est un très bon album. Queensrÿche sait toujours faire du métal limpide, accrocheur, racé et beau. Et Geoff Tate a toujours une voix magnifique qui sait retranscrire les émotions, chose importante dans un concept comme celui-ci. "Sliver", morceau d'ouverture, surprend par sa brutalité, mais les 2 titres suivants se veulent beaucoup plus classiques. "At 30,000 ft" nous ramène au Queensrÿche de la grande époque; c'est un morceau à la fois opressant et beau, mélange de plusieurs sentiments. Un beau travail est effectué sur les choeurs de "The killer" tandis que "A dead man's words" porte bien son nom, Tate chantant comme un agonisant. "Middle of Hell" nous transporte vers d'autres pays avec ses sonorités orientales. A noter les jolis arpèges de Michael Wilton sur ce morceau. Car il faut noter que si Geoff Tate est un très grand chanteur, Wilton est un guitariste qui sait faire parler sa guitare en fonction de l'ambiance des morceaux, tout comme Scott Rockenfield qui sait se montrer plus doux sur ses fûts quand il faut. Quant à la basse d'Ed Jackson, on la sent toujours présente mais juste comme il faut.
"If I were king" est le 1er single de l'album; il s'agit d'un morceau calme sur les couplets et qui s'emporte un peu sur les refrains. Pas le meilleur morceau de l'album, mais peut-être un des plus classiques dans sa construction, ce qui expliquerait son statut de single.
Autre invité sur l'album, la fille de 10 ans de Geoff Tate, Emily. Elle fait un duo avec son père sur "Home again" qui parle de la guerre vue à travers les yeux d'un enfant (Emily) et d'un soldat (Geoff).
L'album se clot sur "The voice", morceau qui resplendit à travers un beau travail sur les orchestrations.
Avec American Soldier, Queensrÿche propose un album solide qui pourra rassurer ses fans. Ouf!