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Chroniques :: Chronique de Lazarus

Chronique de Lazarus

Hacride  - Lazarus (Album)

 8 
10

Excès dans l'excellence



Hacride fait partie de ces nombreux groupes dont l’écoute se doit d’être approfondie pour capter le message envoyé. Avec Lazarus, les français ne dérogent pas à la règle et se permettent même de pousser plus loin la complexité par rapport à leur précédent essai Amoeba. Cette complexité est-elle dès lors positive ou négative ? Une chose est sûre : Hacride joue avec le feu.

En démarrant son album par un morceau de quinze minutes, les Poitevins surprenent. Le groupe ne nous avait pas habitués à une telle longueur. « To walk among them », du long de ses quinze minutes est inévitablement (et heureusement) très progressive. Oscillant entre l’acoustique propre à Hacride (le léger ton flamenco) et rythmique violentes rappelant Amoeba, le titre est excellent et sa construction incroyable. Pas d’ennui, Hacride sait y faire, de bout en bout les surprises s’enchainent entre refrains percutants aux envolées lyriques, interludes légères très atmosphériques et final oriental poètique. Un des meilleurs morceaux qu’ils aient pu composé et surtout une entrée en matière du tonnerre.

La suite ne déçoit pas non plus, l’album étant construit sur un concept précis, soit le syndrome de Lazare, défunt ressuscité par le Christ dans le Nouveau Testament mais ici état de mort clinique suivi d'une "réssurection" inexpliquée du patient. On aurait pu craindre une homogénéité mais on découvre très vite que chaque morceau, non content de s’enchainer pour former une alchimie parfaite, comme une histoire que l’on nous conte, possède une identité. L’excellent final « My Enemy » par exemple, un des meilleurs titres de l’album, et ses ambiances aèriennes enivrantes, sa fin orientale dantesque ou son refrain entêtant, se détache aisément du lot. L’interlude « Phenomenon », sobre et efficace également, qui arrive à point nommé dans l’album, permettant la respiration de l’auditeur. Malgrè cette identité propre à chaque morceau, les influences se font malheureusement trop ressentir. Hacride se détache quelque peu de sa base Meshuggah (qui reste très présente cependant comme sur « Awakening ») pour aller du côté des grands du Post-core. Le résultat laisse pantois, les ambiances sont décuplées, l’album possède une âme (la fin de « My Enemy », magnifique) mais la comparaison est parfois inévitable comme sur « Phenomenon » où Hacride semble toucher de près Isis et Neurosis pour des envolées mélodiques de toute beauté. Le plus gros exemple de ces influences gênantes reste le début de « A world of lies » qui renvoie directement à Tool.

Au-delà de tout cela, Hacride en impose sévérement. En rendant sa musique plus progressive (une moyenne de huit minutes par morceau), il joue la carte de la diversité et marque la différence d’avec Amoeba, plus direct. Si les compositions sont très riches en ambiances et variations de style (en témoigne « To walk among them » et sa palette musicale ou « Act of god » et sa fin au piano), le chant est lui parfois rebutant. Sam Bourreau a effectivement décidé de miser sur le chant guelé et clair, révélant parfois de gros problèmes de faussetés (sur « Lazarus » notamment ») ou d’excès de lyrisme (trop de guelante sur les changements de riffs tue l’effet voulu). Les multiples effets apportés à sa voix claire sont également assez dommage, donnant une impression de gommage des défauts qui rend le tout moins naturel, un choix certainement de la part du groupe qui ne sera pas du goût de tous malgrè une puissance vocale évidente et des parties vocales exceptionnelles.

En parlant de production, il est incroyable de voir les bonds de géant qu’effectue Hacride entre chaque album. Avec Franck Hueso aux commandes, le responsable du dernier Mistaken element, on ne pouvait que s’attendre à une production monstre et c’est bien le cas : c’est tout bonnement parfait, chaque mélodie ressort à la perfection, chaque rythmique est percutante et la batterie sonne du tonnerre de Dieu. Un détail cependant : l’acoustique souffre d’une production trop lisse à certains moments, rendant les parties faibles en matière de ressenti (le début de « Lazarus »).

Lazarus va donc surprendre. Il est évident que dans tout les cas il fera parler de lui et chez les fans acquis à la cause du groupe, et chez les metalleux. Dans la scène hexagonale, Hacride se place désormais en haut de la file, l’album est extrêmement riche et demandera une longue capacité de compréhension pour ressentir les choses voulues par le groupe. Une énorme surprise donc, qui montre encore une fois l’étendue du talent des poitevins, malgrè des erreurs indéniables et des choix artistiques qui peuvent déplaire. Un excellent album au final, et le meilleur qu’ils nous aient pondus à ce jour, digne successeur d’Amoeba qu’il surpasse en exploitant mieux encore les samples notamment. On attend la suite avec impatience en espérant qu’elle sera cette fois sans défaut.

Entre l'ombre et la lumière



Avec Lazarus, Hacride propose un album qui a des cojones. Pas que ce soit un disque excessivement brutal, non, mais il s'agit du plus prog de leur carrière et cela se traduit par des durées de chansons oscillant entre cinq et quinze minutes. Pari fou, pari risqué, mais pari tenu. Les Poitevins nous servent un album mature, qui risque fort de faire parler de lui à sa sortie.

Toujours construit sur une base puissante, le style d'Hacride gagne encore en mélodies. Il y a bien cette affiliation à Meshuggah qui est toujours palpable, mais les frenchies s'en servent plus comme d'un matériau pour se façonner un son qui leur est propre. Ici, la brutalité est sous-jacente, elle n'éclate jamais au grand jour. Le groupe s'aventure dans des contrées toujours plus mélodiques, le chant clair prend toute son ampleur et on se laisse guider par cette voix enjôleuse qui peut à tout moment laisser place à des growls qui viennent des tripes ( Awakening). On est surpris par le côté planant de certaines compositions, éthérées, mais qui se fondent parfaitement dans le diaporama en sept images voulu par le groupe.

Ce disque en a, donc. Oser débuter par une plage longue de quinze minutes représente un risque car elle va devoir soutenir le reste, elle est la clé de voute de cet album. Si l'auditeur ne parvient pas à accrocher à cette composition aux changements de mélodies multiples, il a de fortes chances de passer à côté de cet opus, trop découragé pour poursuivre son écoute. Mais très vite, on est envoûté par ces mélodies planantes que la voix gutturale de Samuel Bourreau ne vient en aucun cas gâcher. Les récalcitrants à ce type de chant trouveront forcément à redire, mais cela produit un contraste bienvenu. Quinze minutes émotionnellement très fortes, qui forcent le respect, un petit chef d'oeuvre qui donne à l'album le départ idéal.

Les autres titres ne sont pas en reste. Act Of God séduira avec son riff limite hardcore ponctué par une rythmique imposante (la légende qui dit qu'en France nous n'avons pas de batteurs doués est une vaste fumisterie quand on écoute le jeu de Olivier Laffond), l'instrumentale Phenomenon étonnera par sa ligne ultra basique, ponctuée de quelques notes de piano, à la manière d'un Anathema avant qu'une guitare saturée ne vienne s'inviter sans pour autant être bavarde. Un pont entre les deux parties de cet album enivrant.

Hacride réussit un joli tour de force, en sortant un disque qui fera parler de lui et pas que dans l'Hexagone. Il manque peut-être un peu de feeling sur les parties les plus calmes, régies par la technicité des musiciens, mais il y a fort à parier que cela sera corrigé sur le prochain skeud des Poitevins. Et surtout, ce Lazarus soulève bien des interrogations ; Hacride va-t-il réussir à faire aussi bien dans le futur, va-t-il se concentrer davantage sur le chant clair, absolument magnifique ici ? Des questions qui restent en suspens. Contentons-nous pour l'instant de ce disque qui convaincra les fans déjà acquis à la cause du groupe et qui séduira certainement les amateurs de Opeth.



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Commentaires


Voir les 19 commentaires précédents
Mais prom arrêtes ton craquage lol
Regarde la moyenne des notes que tu mets, ça sert plus à rien de noter si les notes n'ont plus de sens !
Et elles n'ont plus de sens si chacun en fait à sa tête ou met que des 9/10 à tout !

Et si c'est pour faire un débat "nan mais 7.5 ça veut dire mauvais" fais le sur le forum, pas en discussion sur l'album.
Bref, inutile d'y revenir, débat clos ;-)

lun. 23 mars 09- 14:00  
Excuse publique de ma part à Elric, je n'avais pas à parler comme ça de ta chronique. Je ferais bien une contre chronique mais je m'excuse de critiquer comme ça, je préfére soutenir mon opinion dans une chronique bien construite.
dim. 3 mai 09- 20:14  
C'est pas grave Prom', c'est oublié. On débattra de cet album quand tu auras fait ta contre-chro.
lun. 4 mai 09- 00:23  


Lazarus - Infos

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Infos de Lazarus
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Sortie : 20 avril 2009
Genre : Death Metal
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. To walk among them (15:03)culte !culte !paroles de To walk among them
2. Act of god (6:44)paroles de Act of god
3. Lazarus (8:49)à écouter en premierparoles de Lazarus
4. Phenomenon (4:44)paroles de Phenomenon
5. A world of lies (7:11)à écouter en premierparoles de A world of lies
6. Awakening (7:26)à écouter en premierparoles de Awakening
7. My enemy (9:26)paroles de My enemy
écouter : Ecouter l'album



Hacride

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