Adulés par une communauté large de kids en mal d'idoles dans lesquelles se reconnaitre, décriés par une autre partie de la scène Metal, les neuf composant
Slipknot ont toujours fait parler d'eux. Leur première explosion médiatique se fit avec ce premier album, éponyme, ou deuxième pour ceux qui considèrent que Mate feed kill repeat - sorti en 1997 - est leur premier vrai album. Dans tout les cas, ce
Slipknot fera parler de lui, chose surprenante face à la brutalité de l'opus. En dehors de leur folklore à première vue amusant, la musique de
Slipknot relevait de l'agressivité totale. Des tarés quoi.
Neuf gars masqués de l'Iowa qui pratiquent une sorte de Néo-Metal teinté de racines Power, de touches Death héritées de Mate feed kill repeat et d'expérimentations plus ou moins accentuées, voilà ce que l'on pourrait dire de la musique de
Slipknot. La première partie de l'album est en effet une entrée en matière incroyable. D'une brutalité sans nom, les six premiers titres sont une baffe monumentale pour l'auditeur. Entre les cultes "(sic)" où Jordison s'éclate à tout va, "Eyeless", "Wait and bleed" qui laisse apparaitre du chant clair ou encore "Spit it out" au chant plutôt rappé, le ton est donné:
Slipknot joue une musique complétement dénuée de mélodies véritables et surtout extrêmement barrée. Ils poussent la violence au-delà de ce que le Néo a pu offrir, préférant la surcharge de sons aux platines, la place largement (trop?) présente des percussions et le chant hurlé avec rage (Corey Taylor mérite sans conteste le respect) au malaise laissé par
Korn par exemple.
Toutefois, les quelques titres expérimentaux disséminés ça et là dans l'album tente de reproduire un tant soit peu un malaise intestinal. "Tattered and Torn" avec ses sons stridents ou "Prosthetics" qui semble plus réfléchie dans les ambiances sonores. Pour autant, cette légère recherche et violence musicale s'écroule d'un seul coup dans la fin de l'album. A partir de "No life" en effet, les morceaux deviennent médiocres, sans saveur et nous laisse déçus après la claque des titres précédents. "Diluted" par exemple, ne veut strictement rien dire, se contentant d'aligner refrain sans intérêt, samples moyens et riffs inexistants. De même, "Only one" prône la rapidité de la musique mais s'enfonce dans des convenances trop poussées. Ces derniers morceaux ralentissent alors d'un seul coup le rythme de l'album même si "Get this" pourra être à la limite sauvé pour ses idées Death assez sympas et on se prend à relancer le disque du début.
Au-delà de l'intérêt absent dans la fin du skeud, les paroles sont totalement sans fond. Corey braille des thèmes pas plus développés que des "Fuck", certes très ciblés aux kids américains mais vraiment indignes de son chant très réussi. Malgré tout, ce manque de recherche dans les paroles accompagne au final très bien le chemin prit par les Neuf: faire de cet album un concentré de violence pure, une marmite de genres mélangés pour une fiole instable de matière explosive. La production de Ross Robinson s'avère plutôt pas mal mais dévoile ses faiblesses au niveau de la clarté. La batterie étant parfois trop claire, le reste devient parfois incompréhensible, surtout que Joey se donne à fond, encombrant de roulements incessants des parties qui auraient gagnées en espace.
Un album culte mais pas nécessairement énorme que ce
Slipknot. Bon, voire très bon, le premier véritable album des bouseux de l'Iowa fout une claque monumentale, claque qui ne fait écho que pendant un certain moment, laissant la fin de l'essai en suspens. A écouter par bribes donc, l'album étant tellement dense que seuls les gros allumés pourront se le taper en une écoute.