Il y a des groupes qui marquent une scène et des groupes qui imposent des scènes. On peut citer comme légendes
Emperor pour le Black metal et la Norvège ou encore
Judas Iscariot pour la scène Black metal Etatsunienne. Originaire des Etats-Unis, le groupe
Wolves in the throne room a pour point commun avec le groupe mythique d'Akhenaten le fait d'apparaitre comme un meneur, un nouvel espoir et une figure de proue de son pays.
Prenant comme thème le shamanisme ou tout ce qui concerne les rituels de la Nature, le groupe nous pond un
Two hunters hallucinant, débordant de talent et à l'ambiance exceptionnelle. De l'intro extrêmement lente, "Dia Artio", proche du Drone, avec cette batterie aux effets delay rappelant le Dub et ces ambiances psychédéliques rappelant
Pink floyd, à la majesté et la rage d'un "Cleansing", l'album envoie et transcende. Comment ne pas vibrer sous les guitares spirituelles de "Vastness and sorrow" qui emméne l'auditeur au-dessus de la nature que le combo veut nous montrer: sauvage, magnifique et mystérieuse.
De ce constat là, le Black metal de
Wolves in the throne room pourrait apparaitre doux mais il n'en est rien. Si l'ambiance apaise parfois, les blasts souvent incessants, le chant haineux, possédé, confirment cette rage typique du style mais le groupe la combine avec de la majesté et de l'atmosphère, comme avait su le faire
Emperor ou comme sait le faire aujourd'hui
Hate forest. Fortement imprégnée de la scène progressive, la musique du combo américain est intense et les passages s'alternent sans cesse ("I will lay
down my bones among the rocks and roots"), laissant deviner de la violence et de la douceur ou encore de l'épisme ("Vastness and sorrow"). C'est du savoir-faire que
Wolves in the throne room démontre et un touche à tout remarquable. "Cleansing", troisième piste de l'album, débute par exemple avec ce chant féminin incroyable, sur des percussions simples mais efficaces, nous laissant nous engouffrer dans un univers que peu de groupes peuvent se targuer de faire ressentir. Le dernier morceau du CD, "I will lay
down my bones among the rocks and roots", approchant les 20 minutes (la moyenne des 4 pistes étant de 10 minutes) est une pièce incroyable mélant tout ce que le combo sait faire de mieux. Tout se heurte: le début violent, la paix et les riffs mélodieux, la lenteur de cette batterie, ces parties chantées inspirées et ce sens de l'ambiance (la fin du morceau avec son arpège et sa descente marquée par la voix féminine qui revient un court instant nous bercer).
Si
Wolves in the throne room ne révolutionne pas autant la scène Black metal que l'avait fait en son temps
Burzum ou
Emperor, il s'impose comme le nouveau pilier d'une scène américaine où les groupes se font rares. Gageons que le prochain effort du groupe,
Black Cascade, apporte son lot de surprises comme ce
Two hunters décidément renversant.