Quand
Gojira sorti en 2005 «
From Mars To Sirius », personne n’aurait pu penser que les landais prendraient une telle envergure sur la scène metal internationale. Souvent compagnon de route du combo, les marseillais de
Dagoba ont décidés d’envoyer sévèrement le pâté avec la sortie de «
What Hell Is About », successeur de l’album éponyme sorti un an auparavant.
Pour cela, Franky, Shawter, Werther et Izakar s’entourent de Tsue Madsen, producteur de renom ayant travaillé avec
Dimmu Borgir ou encore
Hatesphere. Le compatriote danois de Lars Ulrich apporta un coup de souffle et une puissance énorme au son de
Dagoba, on ressent cette présence dès les premiers instants, passant réellement aux choses sérieuses avec un Die Tomorrow (…What If You Should ?) dévastateur.
Les fortes influences US ressenties dans le premier opus se font plus discrètes, faisant place à des morceaux plus personnels où Franky Constanza use (abuse ?) de la double grosse caisse, présente de bout en bout. Le chant de Shawter se veut aussi, mieux préparé et travaillé qu’auparavant, où son growl balaye tout sur son passage sur « The Man You’re Not » … De bout en bout,
Dagoba s’incorpore d’une expérience, bénéfique sur cet opus, où les claviers aèrent littéralement les titres, sentant l’influence scandinave à plein nez. Ce n’est pas un hasard si le bassiste de
Dimmu Borgir, Vortex, pousse la chansonnette sur deux morceaux de l’opus (« It’s All About Time » et « Morphine – The Apositie Of Your Last War »), donnant une touche black avec un rendu très moderne de la part du groupe. D’autres morceaux sont aussi à signaler, comme « The Things Within », bénéficiant d’un clip soigné, titre d’intérêt où le chant de Shawter se veut plus intense, mais là où nos français défouraille sans assez …
Et c’est d’ailleurs cela que l’on pourrait reprocher à
Dagoba, voulant trop s’appuyer sur l’intensité et la force, les morceaux se veulent linéaire, parfois beaucoup ressemblant et pas assez distinct. Il faut quelques secondes pour reconnaitre un morceau, surplombé par une batterie omniprésente, par des riffs pas franchement travaillés … C’est d’ailleurs dommage car si les français se seraient distingués avec un peu plus d’ouverture, on aurait eu un album vraiment génial. Là, on reste satisfait mais pas franchement rassasié.
«
What Hell Is About » est un album à prendre avec beaucoup de recul. A la fois très bon, mais rapidement saoulant par le côté linéaire des compositions, pour seul mot d’ordre : puissance. Néanmoins, on parvient à se satisfaire de quelques titres vraiment bons avec une production scandinave à coupé le souffle.