QUEENS OF THE STONE AGE - Era Vulgaris
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2007. Le voici le voilà, celui que l’on attendait tous : le dernier Queens Of The Stone Age.
On l’attendait, car on avait peur.
Peur, parce que Songs For The Deaf, pure tuerie de stoner rock sortie en 2002, avait tout ruiné sur son passage. Son successeur, Lullabies To Paralyse, avait déçu, s’étant révélé trop commun.
Et voilà que sort Era Vulgaris, qui a la lourde tâche de satisfaire les fans de la bande à Josh Homme.
La première écoute, souvent décisive dans l’appréciation d’un disque, s’est révélée plutôt décevante pour la plupart desdits fans.
A s’attendre à l’album phare du groupe ; on tombe de haut lorsque l’on découvre quelque chose de différent.
Le dernier-né de Queens Of The Stone Age se veut moins direct ; il sait cacher ses atouts et reste indomptable aux premiers abords. Mais n’est-ce pas là ce qui constitue l’idéal du stoner ?
Et pourtant, Dieu sait si Era Vulgaris regorge de tubes. C’est juste que le groupe a changé. Un peu. Tout en gardant sa base (à savoir une musique lancinante, envoûtante et sauvage), il s’oriente vers des contrées plus électroniques au niveau de la production (à la batterie notamment ; ainsi que quelques voix modifiées et autres bidouillages) et plus modernes en termes de sonorités. Queens Of The Stone Age a su trouver le compromis idéal : stoner sauvage relooké en rock ultra-frais ; pour un résultat universel et unique.
L’album propose donc un contenu éclectique : les titres simplistes et frontaux (‘‘Sick, Sick, Sick’’ ou ‘‘Misfit Love’) côtoient d’autres titres plus hypnotiques et envoûtants (‘‘Turnin’ On The Screw’’ ; ‘‘Into The Hollow’’ ou ‘‘Run, Pig, Run’’).
Et comme d’habitude, on nous offre quelques tubes mémorables (‘‘I’m Designer’’ ; ‘‘Make it With Chu’’). Pour l’un, voix classieuse sous acides, refrain imparable et planant. Concernant le second, riff simpliste, bluesy et accrocheur. Ils représentent tous deux l’idéal de Queens Of The Stone Age ; tout en restant original et délirant, il se révèle très facile d’accès.
En toute logique, il s’agit d’un excellent album ; Queens Of The Stone Age réussit l’exploit de faire un pied-de-nez à Songs For The Deaf.
Ce cru 2007 surprend beaucoup de par ses titres et sonorités inhabituelles.
Ceci dit, Era Vulgaris se rapproche du traditionnel stoner de Josh Homme. En parallèle aux thèmes aventureux, celui-ci présente une synthèse du groupe : mélodies lancinantes, rythme lents, vocaux torturés, solo de guitare épurés.
Mention spéciale à la voix classieuse, hallucinée et planante.
L’ensemble est dénudé et délirant, cela colle parfaitement à l’image désertique et hallucinée du groupe.
Fidèle au stoner : sauvage et toujours présent là où l’on ne l’attend pas. Quelques titres quelque peu anecdotiques viennent renforcer la base tubesque de l’album, mais ce disque promet néanmoins un avenir radieux à Queens Of The Stone Age ; et de forts bons albums en prévision !
Et pour ceux qui auraient la chance d’avoir l’édition digipack-bonus-live ; trois titres inédits sont proposés :
‘‘Make It With Chu’’ en version acoustique, bluesy et groovy au possible, et dans une certaine mesure meilleure que l’originale car plus authentique.
Deux remix, dont une d’un titre ne figurant même pas sur l’album. ‘‘I’m Designer’’ et ‘‘Era Vulgaris’’ sont donc allègrement revisités en version electro. Le résultat est intéressant, une bonne alternative aux originaux.
A cela s’ajoute un disque live à Amsterdam. Pas indispensable, mais le son est honorable et la play-list bien choisie.