En France, il y a des groupes comme ça, qui vous donnent la pêche, qui vous redonnent le sourire par temps morose (et pour certains,c'est une analogie de la vie). Je ne parle pas de Lorie ou d'une quelconque autre Alizée, mais j'évoque
Niflheim, un combo qui nous vient du côté de Versailles.
Pourtant, le nom du groupe ne prête pas vraiment à sourire. En effet, Niflheim est dans la mythologie nordique le monde de la brume, là où résident ceux qui sont morts de maladie ou de vieillesse. Bref, pas le plus haut lieu touristique, on est loin d'un St Trop' pour déités bling bling.
En fait, les musiciens se posent comme des bardes, capables d'apporter la lumière sur des textes qui ne respirent pas toujours la gaité (les paroles de
Thorgunnr prennent des airs de poème nordique épique par exemple). On sent l'influence de la musique celtique, celle qui est capable de transformer toute histoire en une invitation à la danse. Ainsi, un titre comme
Molly's Tavern ne donne pas qu'envie de taper du pied, c'est l'occasion d'exécuter une gigue endiablée. Et c'est là que le sourire apparait sur les lèvres, à l'évocation d'un endroit qui a du naître dans l'imagination des musiciens à la lecture de certaines oeuvres de fantasy où les tavernes sont souvent des lieux un peu farfelus quand ils sont imaginés par Terry Pratchett ou Alexandre Astier. Le violon et le violoncelle viennent grandement renforcer le côté folklorique de l'ensemble, bien plus qu'un clavier car le son est plus chaud, moins froid et rigide. Les cordes se marient alors très biens aux cavalcades guitaristiques, ponctuées par une bonne grosse rythmique puissante, précise et efficace. Il suffit alors à la chanteuse
Aurore Gautheur de poser sa voix sans avoir à trop pousser, ni explorer des sphères plus lyriques qui n'ont de toute façon pas lieu d'être ici, du moins sur les trois morceaux façonnant cet EP. En revanche, la voix de la demoiselle est intrigante et on serait curieux de savoir ce qu'elle donnerait sur une composition plus posée, plus douce.
Mais le groupe ne s'arrête pas en si bon chemin. Plutôt que de livrer un trois-titre qui aurait été bien maigre, il propose en supplément sa première démo,
Lost In Brocéliande, datant de 2006. Tout un programme, non ?
Pour cette partie, on quitte ce qui aurait pu être la bande sonore de la première compétition interceltique de Chantesloubi pour naviguer dans des eaux plus sombres. Cette fois-ci, il n'y a pas de violoncelle et le côté celtique/folk est nettement plus en retrait. Du coup, on a affaire à un clavier et les différences sont notables. Si sur la première partie la comparaison avec
Nightwish n'avait pas lieu d'être, elle est relativement facile sur un titre comme
Lost In Brocéliande. Mais attention, ce n'est pas mauvais pour autant ! C'est plus rapide, le violon sonne de façon plus "classique" dans son intégration. La chanteuse s'essaye également à des incursions plus lyriques, pas franchement réussies d'ailleurs (avec l'expérience, elle est bien plus efficace sur les morceaux de 2008).
Once Upon A Cow est un disque relativement court, au format un peu bâtard, mais qui présente un groupe séduisant à défaut d'être vraiment original. Le côté musique médiévale présent sur la première partie est rapidement enivrant, et permet de constater que le choix de Niflheim de remplacer le clavier par un autre instrument à cordes a été un choix des plus judicieux. C'est que ça s'apparenterait bien à un coup de coeur, ça ! Vite, un album !