Le quatrième opus des agneaux de Dieu,
Ashes Of The Wake, succède avec harmonie à l’efficace et surprenant
As The Palaces Burn. Ce qui avait étonné à l’écoute de ce dernier, c’est l’amélioration technique et sonore des mecs de Richmond. Les ex-Burn The Priest fournissent, un an après leur précédente galette, un brûlot dans une même lignée.
Pourtant, même si les affaires semblent de mieux en mieux tourner pour la troupe, ils ont décidé de ne pas continuer leur route en compagnie du producteur
Devin Townsend. Mais les brebis ne se sont ni égarées, ni en de mauvaises mains, puisqu’elles continuent avec Machine, plus connu pour son travail sur The Power to Believe de King Crimson, From Bliss to Devastion de
Bloodsimple ou encore Blast Tyrants de
Clutch.
L’atmosphère houleuse du dernier album en date n’a donc pas disparu avec le frontman de
Strapping Young Lad et, est renvoyée avec une clarté et une claque déferlante à notre face. Les premières notes de Laid To Rest sont capitales pour s’embarquer dans ce nouveau voyage, le morceau n’est pas sans rappeler Ruin. Le groupe donne l’impression d’avoir gagné en feeling et en sérénité, fournissant un début d’album totalement déjanté, comme le fut
As The Palaces Burn.
On se laisse facilement prendre au Now You’ve Got Something To Die For répété avec cœur par un
Randy Blythe rampant tel un rat dans un registre éraillé et terriblement terrifiant. Le frontman n’hésite pas à se lancer dans un monologue avant un Omerta destructeur, durant lequel le rythme se ralentit pour plus d’oppression.
Lamb Of God est dorénavant sûr de ce qu’il fait, et s’avance sereinement vers la plus grande marche comme l'a fait
Pantera avant eux.
La comparaison est toujours d’actualité et
Lamb Of God ne s’en est d'ailleurs jamais caché. On peut également citer
Machine Head dans les exemples qu’ont suivi les mecs de Richmond, la rage employée rappelle le Burn My Eyes des mecs d’Oakland. On ne peut pas franchement dire que les agneaux manquent de personnalité, loin de là. Le monde de
Lamb Of God est bien défini, là où le talent de chacun est mis à rude épreuve. Mention spécial à Chris Adler qui se démène héroïquement, tout en aisance, à des multiples contre temps et rythmiques endiablées (le morceau
Ashes Of The Wake).
Tout comme son grand frère et Vigil, cet opus se termine sur un titre entêtant et terriblement accrocheur. Avec Remorse Is For The Dead, le quinquet clôt avec prestance ce
Ashes Of The Wake.
Un album sans grandes surprises, mais un opus qui se veut totalement rassurant pour les milliers de pèlerins dans le monde des ricains. Avec son troisième, puis quatrième album,
Lamb Of God se taille réellement une réputation, assez taillée pour promouvoir son dernier bébé au Ozzfest et être nommé par Revolver Magazine, comme étant le deuxième album metal de l'année.