Voilà donc le premier effort des Suisses d'
Eluveitie.
Eluveitie donne dans le folk metal matiné de Death Mélo sauce Göteborg dans le son et dans le chant (parfois cela fait fortement penser à
In Flames ou à
At The Gates). Et parfois on a droit à de jolies expérimentations très oniriques, vraiment fantastique, qui font vraiment penser que la musique occidentale peut pousser à la transe et à la rêverie aussi bien que les chants soufis ou indiens.
C'est dans ce registre merveilleux et inspiré que se trouve la première piste de l'EP, D'Veritu Agage D'Bitu.
Chrigel Glanzmann psalmodie d'abord en gaulois, soutenu par des choeurs et des percus, puis vient le violon, calmement.Ensuite, il crie, et voilà la flûte et la section rythmique qui débarque, appuyant lourdement et efficacement la mélodie du violon.Donc tout est très beau, et cela introduit bien Uis Elveti, pièce de résistance de cet opus. Là c'est du pur folk/ death mélo, moins poétique que le premier morceau mais plus péchu et efficace, et toujours aussi mélodique.
Avec Oro,un instrumental, Eluveitie nous distille encore un peu de magie, et on va en avoir besoin, car la deuxième moitié de cet EP est décevante.Lament, en effet, est disparate et mal assortie. Bourrée de blast beat, qui tranche et dépare totalement avec les mélodies celtiques, on s'interroge. Pourquoi ne pas être parti dans quelque chose de plus thrash et donc laisser tomber les violons? D'autant plus que le chant est inégal, parfois renforcé par des choeurs inappropriés: le combo auraît du faire plus brutal et sans fioritures sur cette compo pleine d'énergie, surtout que le break folk à la deuxième minute vient comme un cheveux sur la soupe, et pourtant la partie de basse est jouissive.
Et le batteur semble vouloir à tout prix bourriner là où il ne faut pas. L'intro de Druid est un exemple parfait de quelque chose qui va à hue et à dia, et aurait pu donner dans le très bien. Le chant black n'aide pas: Glanzmann n'est pas doué pour ça, mais quand il prend sa flûte sur cette chanson, là on prend notre pied.Un autre membre du groupe aurait du tenir les vocaux sur cette chanson, où par contre les petits ponts acoustiques sont délicieux, dommage de vouloir se la jouer black folk à tout prix.
Par contre Jezaig, ultime piste de l'album, est un régal, avec ses choeurs bien employés, sa guitare lourde à souhait,
Eluveitie conclut
Ven comme il l'a commencé: avec classe.
Et malgré ses défauts, il comporte quand même des moments de bonheur, surtout que le groupe fera encore mieux après.