Cornerstone Of The Macabre,voilà un album bien à l'image de l'artwork: trois zombies sur un narguilé, avec plein de squelettes en costume derrière. A elle seule, cette illustration annonce ce qui va faire l'album: trois zicos bien défoncés (les morts vivants) délivrant quelque chose qui vient des tripes, et derrière, toutes les influences (les macchabés habillés), omniprésentes, qui inspirent l'album.
Alors, qu'est ce qu'elle nous délivre, d'abord, la pierre du coin du macabre? Ben d'abord, pas mal d'humour noir tendance nécrophile, voilà un thème bien récurrent dans l'album (Love me Rotten, Necrophiliac, pas besoin de faire un dessin). C'est le genre de délire un peu proche de ceux des
Misfits ou de
White Zombie, mais dans les paroles hein, pasque musicalement, c'est ni l'horror punk de la première bande à
Glenn Danzig, ni l'indus décalé du réalisateur de slasher de série B. Mais c'est au moins tout aussi bon ! Love Me Rotten (Love Me True), première piste du skeud, balance à mort, avec un riff énorme et un break plus que jouissif.
Gorgor, le batteur, envoie à la double, et le fait avec beaucoup de classe (écouter aussi The Worm On The Hook, The End).
Les riffs sont burnés (les trois gaillards aiment bien
Motorhead, et ça se sent) et la basse est grasse à l'extrême, si des odeurs pouvaient être répandues pendant qu'on écoute la musique, celle de la chair en putréfaction serait totalement en accord avec la musique (quand je vous le disait, des nécrophiles...)
La voix elle, bien que parfois un peu faible sur les hurlements (Necrophiliac est assez inégale), est toute à son aise dans des murmures inquiétants (qu'on trouve sur Mucho Mojo et sur Necrophiliac, quand je disais que cette chanson est inégale au niveau du chant!) ressemblant à la psalmodie d'un détraqué couvert de boue, qui va vous violer, vous égorger et vous revioler, avant de s'en prendre à la tombe de votre grand mère...Et aussi, avantage non négligeable pour l'auditeur, les paroles sont très compréhensibles et distinctes.
Voilà pour ce qui est du bon.Maintenant passons à l'excellent: un groove implacable tout au long de l'album, et des solos assez intéressants, bien rock'n roll, notamment sur The Old Smell Of The Meat.Celui de Damnation est vraiment pas mal, il y a énormément de choses à chercher et à trouver.Et le petit interlude Strange Song est vraiment bien pensé et bien osé.C'est tout cool, ça berce l'auditeur, ça sonne blues/jazz tout dans l'expressivité, avec une mélancolie simple comme sur Simple Man de
Lynyrd Skynyrd.Et ensuite vient Welcome to My Funeral, pièce de résistance de l'album, avec sa rythmique écrasante, et sa voix rauque et inquiétante.On dirait du doom, et d'un seul coup, surprise! Un harmonica qui s'énerve, hypnotique.Vraiment, cette chanson est très bonne, et ce n'est pas la seul.Mucho Mojo est également très très tripante, bien blues, et bien groovy aussi...Cette chanson fait penser à
ACDC période
Bon Scott, pour le côté conteur, et le solo bluesy (toujours!).
Les rares bémols de ce
Cornerstone Of The Macabre, à mon avis, sont la voix, comme je l'ai écrit plus haut, et une reprise de Damage Inc des
Mets, pas mauvaise mais n'apportant rien à l'album.La fin est assez magistral, avec Adrift, malsain à souhait, comme a commencé le disque.
Un très bon skeud donc, bien drôle et bien trippant, à écouter d'abord pour flasher sur les meilleurs compos (Love Me Rotten, Strange Song,Welcome To My Funeral et Mucho Mojo) et à réécouter pour mieux percevoir les pépites poilues et couvertes de terre, qui sont enfouies mais nécessite qu'on creuse un peu pour les trouver.Comme un nécrophile fouillant une tombe à la recherche de l'objet de son amour, afin d'assouvir son désir...