On considère souvent que le death et le brutal sont les domaines privilégiés du territoire américain avec des groupes comme
Morbid Angel,
Cannibal Corpse,
Nile,
Six feet under et bien d'autres. Mais depuis quelques années cette hégémonie américaine semble remise en question, et ce à cause (ou plutôt devrai-je dire grâce) à l'émergence de la scène européenne: on peut faire référence entre autres au monstrueux combo
Bloodbath, aux allemands de
Necrophagist ou encore (et cette fois soyons chauvins) à nos dignes représentants
Gojira.
Mais aujourd'hui, c'est davantage de la scène batave dont nous allons nous intéresser. En effet, les Pays-Bas sont depuis quelques années le repaire d'une scène metal de plus en plus importante et notamment du groupe
The Monolith Deathcult. Jeune formation néerlandaise,
The Monolith Deathcult propose avec ce
Triumvirate une oeuvre complète, d'inspiration death bien sur mais également de beaucoup d'autres univers.
On commence par "Deus ex machina", introduction de 9 minutes dans lequel le combo montre d'ores et déjà toutes ses qualités techniques: ouverture au son électro, chants grégoriens, chant death (proche d'un Peter Tadtgren) guitares et basse au son lourd, batterie hyper-présente. Un titre rentre-dedans qui plaira aux amoureux du genre.
"Wrath of the baath" passe la vitesse supérieure: une rapidité d'éxécution exemplaire, une similarité avec
Bloodbath, un groove exemplaire qui rappellera à certains le dernier
Amon Amarth, en bref le meilleur titre de ce skeud et un futur brulôt sur scène!
"Kindertodeslied" est un titre complètement barré avec beaucoup d'éléments en apparence étranger au monde du death et notamment une voix de chancelier allemand, une forte atmosphère électro rythme ce titre mais le combo n'en oublie pas pour autant ses racines metal et propose ici un bijou de death épique (écoutez-moi ces trompettes et ce chant complètement déjanté!)
Sans conteste un futrur tube pour
The Monolith Deathcult!
On enchaîne sans transition avec "Master of the bryansk forests" et son intro aux cuivres assez déconcertante avant que les guitares viennent tout sacager à l'aide d'une rythmique dévastatrice accompagnée d'une grosse cloche. Une chanson surpuissante (écoutez ce solo à cheval entre la technique d'un Suiçmez de
Necrophagist et l'esprit déjanté d'un Kerry King), digne des fers de lance du death metal. Une fois encore le groupe développe tout l'arsenal et nous pond une nouvele perle d'épisme. Vous ne vous en sortirez pas indemne!
L'intro de "M.M.F.D" se présente comme une sorte de doom: vitesse modérée, accords lourds (pouvant rappeler certains passages des mélodies des doomeux de
Ataraxie). Ici, c'est l'émotion qui prime. Ce morceau est le moins violent mais aussi le moins bon de cette galette.
"I spew thee out of my mouth" est un monstre: la batterie martèle une rythmique quasi-militaire, guitares et claviers s'embarquent dans une sorte de cacophonie extrêmement puissante tandis que la voix vocifère et crache de sombres paroles, et toujours ce groove charactéristique (break de basse). Un titre bourrin à souhait et unique en son genre!
"Demigod" emmène paisiblement son auditeur vers le grand final; enfin, le terme "paisiblement" ne semble pas approprié ici car le combo continue de balancer la sauce à coups de rythmiques brise-nuque et de riffs assassins, accompagné par ce chant guttural excellent ert ce clavier malsain. Une nouvelle offrande d'épisme à mettre à l'actif de la formation batave.
Enfin (mais malheureusement), c'est déjà l'heure du grand final avec "Den ensomme nordens dronning" qui conclut de belle manière avec une chorale avant que les cordes et les fûts ne viennent nous rappeler que nous sommes en train d'écouter du death. Nouveau chef d'oeuvre!
Avec ce
Triumvirate,
The Monolith Deathcult place la barre très haut au niveau death. Ce bijou d'épisme promet un bel et grand avenir pour la troupe hollandaise qui ne compte pas s'arrêter là. Souhaitons-leur le meilleur. En attendant, jetez-vous sur cette réalisation, vous en aurez pour votre argent!