Sérieusement, je ne pense pas que le nom de
Hard Time vous dise quoi que ce soit. Hum ? Y a la crise, donc ça te dit bien quelque chose ? Euh... oui, admettons. Mais le groupe, hein ? ça vous dit quelque chose ? Non ? C'est bien ce que je pensais.
Hard Time nous vient tout droit de Croatie, plus connue pour être une nouvelle destination de rêve pour les vacances que pour être une contrée très metal. Evoluant dans un heavy rock/metal bien relevé d'une bonne dose de harissa, le groupe n'a certainement pas inventé le fil à couper l'eau chaude, mais il joue bien, très bien même, au point d'être très réputé dans son pays. Jadis, le groupe avait déjà foulé le sol français, mais c'est hélas resté sans suite.
Cet album live, enregistré au Jabuka, un club de Zagreb, est vraiment plaisant. Déjà, il est de bon ton de noter l'ambiance, très bon enfant, avec un public qui mange dans la main de
Pista, le leader de Hard Time. Un public enjoué, qui répond présent quand il est sollicité, capable de reprendre en choeur les paroles et de les scander juste en plus. On comprend bien vite le statut du groupe en Croatie, un peu semblable à celui de
Trust chez nous au début des années 80. Sidérant.
Musicalement, Hard Time assure comme il faut. Les compos se succèdent rapidement, souvent très courtes, volontiers speedées. La tête bouge toute seule à la cadence au milieu de ce déluge de heavy metal basique, pour bikers purs et durs. ça groove bien, certains morceaux sortent du lot comme le punkisant
Hot & Run, jouissif à souhait, ou encore le musclé
Nema Povratka repris en choeur par la foule , ou encore
Radostan Dan, en duo avec la jeune
Emina Arapovic. Le groupe est bien en place rythmiquement, les guitares n'ont plus qu'à enfoncer le clou (
Ivan Mihaljevic s'exprime moins que sur son album solo, mais il n'en délivre pas moins une bonne prestation). Pista n'a plus qu'à nous achever avec sa voix rappelant étrangement celle de
Ville Laihiala à la fin de
Sentenced, une voix chaude, rauque, et surtout, plaisante.
L'interprétation est excellente, au point de se demander si le groupe n'a pas eu recours à quelques overdubs. Mais bon, on peut leur pardonner cela, l'ensemble sonne après tout très brut de décoffrage et ne se perd pas dans un son trop lisse pour être honnête. On appréciera la prestation de Hard Time, pour sa maîtrise instrumentale, pour sa façon de sonner très rock'n'roll, parce qu'il vous met de bonne humeur tout en vous donnant la patate (attention ! Cinq fruits et légumes par jour !). On notera également le clin d'oeil à
AC/DC, dont
The Jack est repris en partie pour introduire le violemment punk
Kiss My Ass And Go To Hell.
Bref, merci à Hard Time de nous balancer un vrai album live, vivant. Et si le croate vous rebute, dites-vous qu'à l'oreille, ça sonne aussi bien que de l'anglais. Le groupe mériterait largement de s'exporter hors de ses frontières car il a largement le niveau européen, pour user d'une image footballistique.