Rappelez-vous 2002 en France… Le Pen passait au second tour des élections, l’équipe nationale de foot se faisait dépoiler sévère à la coupe du monde,
Pleymo et
Watcha étaient les maitres du paysage musical français, bref, ça volait haut en hexagone.
C’est là qu’un petit groupe de pote de lycée sort son premier album, Chapitre I. L’Esprit du Clan était là pour foutre la merde et placer son style percuteur. Tout droit inspiré par l’école
Biohazard,
Pantera et autre
Machine Head, le combo du 9.3 réussi à se faire connaitre grâce au chapitre 0 et une tournée européenne avec les new yorkais de
Merauder … Un tournant décisif pour le groupe.
Chapitre I était donc là pour rassembler les troupes et confirmer ce très enthousiaste début de carrière. Les jeunes banlieusard rencontre Big Red de RaggaSonic pour enregistrer l’album à Paris et André Gielen, qui a également travaillé avec Lofo’ ou la Mass, pour se charger de la prod’.
Représenter le 9.3, les quartiers en général, n’est donc pas chose aisé, surtout dans le metal. Le combo ne cherche pas à oublier là d’où il vient, bien au contraire, le thème est très rural. Un esprit urbain gonflé à bloc par la haine de cette société qui a souvent méprisé les quartiers défavorisés, de l’atmosphère régnant chez eux, ce flicage perpétuel, où seul la répression et l’intimidation font lois. Derrière la musique, il y a un vécu et c’est ce que les membres d’EDC veulent faire parvenir avec ce Compact à l’ambiance familiale.
Le duo Shiro/Arsène donne une dynamique à l’ensemble, n’arrêtant jamais de débiter leur haine, cela se transforme vite en trio avec le ragga de Big Red sur « On Rase Pas Les Murs ». On comprend rapidement que l’Esprit Du Clan n’est pas là pour se marrer, des textes enragés, pas toujours pris avec le recul, dû à un manque de maturité du groupe. C’est d’ailleurs ce qui sera de plus en plus travaillé pendant la carrière des banlieusards. Musicalement, le contenu est intéressant, avec des influences ricaines décelables, des rythmes hardcore avec des guitares lourdes et puissantes. En contrepartie, la jeunesse du groupe rend le contenu linéaire, donnant beaucoup de mal à différencier les chansons, mais des titres sortent du lot, comme « Ici Ne Juge Pas » entrainant à souhait.
Ce Chapitre I est loin d’être un incontournable du genre, mais relève le niveau et l’agressivité de la scène metal de l’époque, L’Esprit du Clan propose un album sincère, parfumé de défauts de jeunesse. Le combo prépare sa carrière énergiquement, avec un faim de jeune loup et ravira les fans de musique à mosh pit et d’adrénaline.