Parfois, une pochette attire l'attention. Pas forcément son graphisme, non, mais un titre, un mot qui interpelle l'oeil et l'esprit. Sur ce premier album des Lyonnais de
Violence From Within, c'est le mot "réminiscence". Un mot à double tranchant, qui pouvait laisser augurer du pire si le groupe l'avait pris au pied de la lettre et nous avait proposé un plagiat éhonté de formations suffisamment connues pour que ça saute aux oreilles. Ou alors, il prend une connotation plus philosophique et on a alors à faire à un album introspectif.
Et ici, on se rapproche de cette seconde option. Les musiciens se sont escrimés à réaliser un album pas forcément facile d'accès, évoluant dans un deathcore mâtiné de thrash technique. En cassant les structures de ses morceaux, Violence From Within n'en devient que plus complexe sans pour autant devenir pompeux. Le canevas rythmique est tout simplement monstrueux. le jeu de
Rémy à ce poste est puissant, précis, très carré, limite martial par moment. Ainsi, sur un morceau comme
The Brainless Maelström, on retrouve quelques similitudes avec le jeu de
Hellhammer sur le
Grand Declaration Of War de
Mayhem, cette façon d'intervenir sournoisement avec un thème militariste bien foutu.
Les autres musiciens ne sont pas en reste et livrent de très bonnes prestations tout du long, variant les plaisirs, s'acharnant sur l'auditeur sans scrupules (
The Last Son Of Man), créant des climats d'angoisses (
The Silk Of Wisdom), où s'arrangeant pour placer des mélodies simples, mais qui tranchent avec la brutalité ambiante (
Breath Of Presemption). Quant au chanteur,
Viann, il fait son boulot avec engagement, particulièrement à l'aise sur les parties typiquement death (
And She Stares The Loss Of Her Innocence, avec quelques incursions à la limite des cris issus du black metal. En revanche, comme presque la totalité des chanteurs évoluant dans ce registre, les passages à la voix claire (rares, heureusement !) ne sont pas convaincants et manquent cruellement de feeling.
Premier album d'un groupe encore jeune, Reminiscence dévoile déjà la maturité dont font preuve les musiciens y officiant (appréciez cette phrase digne d'un académicien pour sa lourdeur !). Il y a encore des défauts qui se corrigeront avec le temps, mais le matériau de base est bon et l'édifice devrait être solide si le combo parvient à éviter les clichés d'un genre qui se mord facilement la queue. Pour l'instant, on ne peut être que séduit par l'audace du groupe à tout faire pour se démarquer d'une concurrence assez nombreuse et stéréotypée. On renifle bien quelques influences, mais on discerne également suffisamment de personnalité pour ne pas cataloguer les Lyonnais parmi les projets sans suite.
A découvrir !