Si ce titre, honteusement emprunté (bon, ok, chouravé) au «
Primitive» de
Soulfly (paru en 2000) pourra en faire tiquer certains, celui-ci a au moins le mérite d’annoncer la couleur.
Chers amis Metalleux, adeptes de headbang et autres sévices compromettant sérieusement l’intégrité de vos articulations, n’allez pas plus loin, vous trouverez ici matière à malmener votre pauvre squelette encore un peu plus !
Jumping Jack (
JJ, pour les intimes), power trio de son état, composé de Julian (guitare/chant), Manu (basse) et Chris (batterie), est un jeune groupe originaire de Nantes signé chez
Klonosphère/Season of Mist, qui a sorti fin 2011 son tout premier album intitulé «
Trucks & Bones».
L’EP «
Cows & Whisky», sorti en 2009, l’année même de la formation du groupe, montrait chez Jumping Jack une maîtrise évidente de l’instrument et de la composition, avec ses 6 titres sévèrement burnés (et avait d'ailleurs été salué unanimement par la critique, sans vouloir en rajouter une couche), et «
Trucks & Bones» ne nous déçoit pas de ce côté-là, bien au contraire. En 2 ans, et probablement des dizaines de concerts, les Nantais ont eu le temps de se faire les dents et nous proposent cette fois-ci 11 titres dans la même veine qu’auparavant, avec toujours ce petit «je-ne-sais-quoi» de plus qui fait toute la différence.
JJ verse donc un Metal/Rock boosté au Stoner, avec son lot de riffs bien gras, même si nos gaillards n’hésitent pas à parfois s’affranchir de ces étiquettes putassières.
Explication.
Tandis que «
She Made No Resist» par exemple, avec ses grosses guitares, son mid-tempo efficace et son refrain mélodique (pour une entrée en matière fracassante, soit-dit en passant), est une petite perle de Heavy Rock, un titre comme «
Taxidermic Sensation» lorgnera plutôt du côté d’un Southern Rock du plus bel effet, et d’autres comme «
Siren’s Blast» joueront la carte de la lourdeur rythmique sans toutefois s’enliser sur place.
A l’écoute de «
Trucks & Bones», un constat s’impose : le groupe allie à merveille puissance et mélodie sans que l’un ne prenne vraiment le pas sur l’autre, ce qui nous donne donc un album très équilibré et remarquablement bien maîtrisé pour une formation aussi jeune. Les Nantais semblent avoir trouvé leur créneau, mais du coup, on regretterait presque l’absence d’une vraie power-ballade, histoire de laisser nos cervicales refroidir un peu, même si «
Drunk Peanut» fait un premier pas dans cette direction...
Quoi qu’il en soit, le trio est bien en place et sait se faire entendre, d’autant plus que ce «
Trucks & Bones» a pour lui une production en béton qui met tout le monde en valeur.
Et puisqu’on parle de mise en valeur, au passage, mention spéciale pour le chant de Julian, dont le timbre rappelle parfois celui des inénarrables James Hetfield (sur «
Taxidermic Sensation», notamment), ou Layne Staley (sur l’excellent «
Churches Flames» pour ne citer que ce morceau).
Concernant les influences du groupe, l’ombre de
Kyuss plane parfois sur les épaules de
Jumping Jack, non pas comme celle d’un parent possessif et dominateur, mais plutôt comme celle d’un grand frère qui leur donnerait une tape sur l’épaule en disant «allez-y, faites vous plaisir».
En termes plus génériques, nous dirons simplement que cette influence est suffisamment bien amenée et assimilée, pour ne pas handicaper l’album dans son ensemble.
En définitive, «
Trucks & Bones» est une très belle réussite aux relents de Whisky et de sable, avec suffisamment de «ballz» pour reléguer une bonne partie de la concurrence au second plan (pour ne pas dire aux oubliettes), et il ne fait aucun doute que
Jumping Jack a ce qu’il faut pour s’imposer comme l’une des valeurs montantes de la scène Rock et Metal française. Rien que ça.
Bref, c’est du bon, mangez-en !