Poseur...
Imagerie vétuste de ce qu'était le hard rock
Cette pochette ne laisse pas indifférent. Elle attire même si le choix des couleurs est discutable et que c'est devenu franchement ringard avec le temps. Il n'empêche, elle annonce clairement que le disque qu'elle dissimule va être rock, énergique et qu'il ne peut y avoir d'erreur sur la marchandise.
Electric avait permis à
The Cult de rentrer dans la famille du metal par la grande porte, avec un disque puissant et accrocheur, avec un son rock tout simplement jouissif. Pour Sonic Temple, le groupe s'exile à Vancouver en compagnie d'un jeune producteur inconnu du public,
Bob Rock. Il leur faudra trois mois pour accoucher de ce disque, nettement plus américanisé que l'opus précédent, mais tout aussi réussi, voire plus encore.
Sonic Temple, c'est un album qui fait parler la guitare. Elle est très présente tout du long,
Billy Duffy s'impose de plus en plus comme un six-cordiste sur le quel il faut compter. Aussi bien à l'aise sur les morceaux férocement rock (
Fire Woman) que sur des compositions toutes en subtilité (la ballade électrique
Edie (Ciao Baby), inspirée par l'égérie d'Andy Warhol, Edie Sedgwick). La production de Bob Rock lui rend justice, boostant le son de la guitare, lui donnant du coffre, du caractère malgré le côté plus posé de ce disque. L'autre point fort de cette fameuse guitare, c'est la complémentarité qu'elle affiche avec la voix chaudement sensuelle de
Ian Astbury. Les deux sont indissociables sur ce disque.
Astbury enjolive de sa classe les morceaux de cet album, avec son timbre rappelant quelque peu celui de
Jim Morrison, qui ne hurle jamais, se contentant juste de pousser la voix de temps à autre pour donner du relief. Certains refrains sont absolument délicieux, comme celui de
Sweet Soul Sister, psychédélique, groovy, légèrement entêtant et qui surtout, fait un bien fou. On peut également parler de
New York City, plus agressif, où
Iggy Pop vient pousser la chansonnette pour un résultat particulièrement jouissif.
Sur Sonic Temple, The Cult livre une excellente prestation, qui peut sonner comme une trahison pour certains fans. Le groupe parait plus lisse, moins acéré que sur
Electric, en un mot, commercial. Toucher le public américain était clairement l'objectif. Mais l'ensemble reste néanmoins très musical et le groupe donne bien plus de motifs de satisfaction qu'un
Warrant ou un
Ratt à la même époque. Même s'il est un peu propre sur lui, même s'il aurait été intéressant de le découvrir avec une production plus rentre-dedans, européenne, c'est le genre de disque qui peut très bien côtoyer un album comme
Appetite For Destruction sans avoir à rougir de la comparaison. On navigue dans du hard US, mais loin des clichés glam.
Un disque à se procurer d'urgence si ce n'est déjà fait !