Dans la catégorie 'Ersatz Rammsteinien qui se serait accouplé avec
Oomph!', je demande Stahlmann! 'Les Hommes d'Acier' (cf le look) sont de retour avec un second album, Quecksilber, qui poursuit gentiment ce que le premier opus éponyme avait entamé il y a un an et demi, à savoir un Indus chanté en allemand, accompagné par de grosses grattes et quelques arrangements subtils. Original, n'est-ce pas?
Avant de lancer Quecksilber, je dois avouer que Stahlmann ne partait pas gagnant avec moi, tellement le précédent effort m'avait semblé inutile. Remettons notre costume de super-chroniqueur objectif, et voyons voir ce que les allemands ont dans le froc en 2012.
"Engel Der Dunkelheit" ouvre le bal sur des sons travaillés, avant que Mart n'entre en scène avec son chant si caractéristique. Loin derrière, les guitares font leur apparition, avant d'éclater sur un refrain où un chant féminin fait son apparition. Diantre, mais c'est que ça marche! Stahlmann tient là l'un de ses meilleurs titres, qui s'écartent un peu de la scène pour s'aventurer vers une musique plus atmosphérique, plus accrocheuse bref, plus originale. Un début tonitruant donc, qui a failli me faire changer d'opinion...
Failli oui, car "Spring Nicht" signe le retour du Stahlmann tel qu'on l'a connu en 2010: les arrangements, les grosses grattes et le refrain accrocheur en allemand, tout est là. Et comme avant, difficile de se sentir convaincu par la bête. Ce n'est pas que ce soit mauvais, mais on a clairement vu mieux en terme d'impact (plus récemment encore, avec Die Vorboten...).
Du coup, on reprend Quecksilber comme il vient: une nouvelle mouture Indus allemande, qui a quelques bonnes idées ("Tanzmaschine", ou "Asche"), mais qui s'enlise dans un style où tout semble avoir été dit...
Ceci étant, et si on fait abstraction des influences du combo, Quecksilber se veut plus accrocheur que son prédécesseur. Les mélodies tournent, mais c'est surtout au niveau des arrangements que le travail est plus notable ("Am Grunde", ou "Goetter"). En revanche, "Mein Lieb" manque singulièrement d'accroche: les guitares sont bien trop en retrait pour prétendre quoi que ce soit. Enfin, la dernière piste, le fameux "Tanzmaschine (Club Remix)" est parfaitement inutile, car bien trop proche de sa version originale, les guitares en moins...
Un dernier mot sur la production de l'opus. Il est évident que Quecksilber ne souffre pas de son mixage, bien au contraire...
Difficile de se dégager une opinion précise sur le cas Stahlmann. Musicalement, c'est vrai que c'est efficace, mais qu'est-ce que c'est peu original... Et pourtant, avec un début comme "Engel Der Dunkelheit", on pouvait penser que les allemands s'étaient décidés à évoluer, mais ce n'est pas vraiment le cas...
Par contre, je dois bien reconnaître que Quecksilber est plus efficace que l'opus éponyme: il y a donc eu une trèèès légère évolution! Comme dirait l'autre, on se contentera de ça!