Quiconque suivant un temps soit peu les colonnes de Metalship a déjà entendu parler de Winterburst. Ce jeune groupe parisien nous a pondu en 2009 un EP éponyme très prometteur qui laissait entrevoir qu’enfin la France avait trouvé son poulain, celui qui serait capable de chasser sur les terres des monstres
Dimmu Borgir et autres
Graveworm.
Après s’être fait les dents sur les planches de la capitale (rappelons si besoin que le groupe a joué la finale du Metallian Battle, ce fameux tremplin qui envoie le vainqueur au Wacken), Winterburst se lance dans la composition de The Mind Cave, premier opus qui sort mi-février en autoprod’.
Il faut bien reconnaître qu’ils étaient attendus au tournant les Winterburst. Difficile de prédire la façon dont sonnerait The Mind Cave: les parisiens pouvaient enfoncer le clou avec une musique toujours aussi mélodique, ou décider de faire évoluer leurs sonorités, vers des sphères plus personnelles. Le doute n’est plus permis, c’est bien vers cette seconde option que les franciliens se sont dirigés.
Alors certes, The Mind Cave reste un opus de Black Symphonique, mais on sent dès "A Mirror’s Game" que les choses ont évolué en trois ans : Winterburst est plus direct, un poil plus mystique, et envoie le paquet question orchestrations. Bien évidemment, les claviers omniprésents deviennent vite l’élément central des compositions, véritable pilier autour duquel gravite un nombre conséquent d’arrangements divers et subtils (les guitares de "The Stray" et "Beyond the Wall", la basse d’"Insanitarium"…).
Les plus irritants diront alors que Winterburst se rapproche encore et toujours de
Dimmu Borgir (ce qui n’est pas faux en un sens). Rassurons-nous, la cohérence de The Mind Cave n’a d’égal que son approche accrocheuse: oui, les français laissent aisément deviner leurs influences, et non, cet opus n’a rien d’une maigre repompe.
Une autre surprise se situe au niveau des vocaux: Vorender offre une prestation convaincante, d’autant que le gaillard s’essaie dans des registres clairs plutôt réussis ("Legion of Souls"). On a même le droit à un titre chanté en français (l’excellent "…D’Ombres et d’Infini"), qui se rapproche, par la diction, des légendaires
Anorexia Nervosa.
La dernière évolution de Winterburst se situe dans ses ambiances : le groupe distillait autrefois une légère mélancolie, à présent nous avons droit à un côté mystique qui prend littéralement tout son sens sur un titre comme "The Stray".
The Mind Cave, vous l’aurez bien compris, est un opus homogène, et ce même lorsque le groupe prend des risques avec son "Circus of Freaks" et son intro faussement joyeuse. La production, très limpide, participe évidemment à la sensation de faire face à un mur d’orchestrations (qui met un peu la batterie de côté, il est vrai). Mais putain, que c’est bon!
Après plus d’une heure de musique, difficile de ne pas reconnaître ce fait: Winterburst a frappé un grand coup avec The Mind Cave. Ils parviennent non seulement à confirmer tout leur potentiel, mais en plus à faire évoluer leur recette... C’est bien simple, cet opus fourmille de compositions travaillées et diablement efficaces, qui ne manqueront pas de plaire au plus grand nombre.
Pour ma part, je reste persuadé que nous tenons-là un groupe sur lequel il faudra compter…