15 ans de carrière pour
Hypnosis, une mirandade de démos et albums et toujours cette place dans l’underground. Le groupe va-t’il enfin dépasser les sphères du milieu pour éclater au grand jour ?
Officiant dans un Death metal fortement teinté d’Indus au sens
Fear factory, c'est-à-dire saupoudré de samples de machines et de rythmiques froides, sans concessions,
Hypnosis maîtrise et ce dès l’entrée « Blood tears », titre aux blasts incessants et aux ambiances à la limite de l’électronique. La voix de Pierre est basée sur les grawls et elle n’encombre jamais les morceaux. Cindy, l’autre guitariste du groupe, vient à prêter sa voix claire sur certains passages, apportant de l’air à des titres très violents. Le groupe sait également aérer sa musique de manière diffèrentes. Ainsi, certains breaks sont plutôt posés comme sur l’excellent « The Day we failed » où le beat électro accompagne des riffs Black efficaces.
Violente, froide, mécanique, la musique d’
Hypnosis est à classer dans l’extrême, mais le groupe sait aussi apporter de la lenteur, de l’ambiance : l’intro de « Into trouble waters » est lente et le chant de Cindy permet de donner un côté lyrique à l’ensemble. Des passages en tapping, posés, avec la voix de Cindy en fond, témoignent également de ces variations de rythme reposantes (« [Kill me] when I dream »). Du point de vue du Death metal, la musique est extrêmement bien structurée, les riffs Death s’enchainent et même parfois les riffs plus Black metal. Indus oblige, les parties « mitraille » sont présentes et le son de la batterie permet d’en accélerer la vitesse et d’accentuer sa puissance (le groupe ne dispose pas de batteur et joue avec une boîte à rythme ce qui permet de placer des parties de batterie inhumaines et terriblement parfaites). Le son est spécial, il faut d’ailleurs le reconnaître, car le combo joue sur des amplis crées en U.R.S.S ! (lien avec l’industriel peut être ?). Ainsi, il peut apparaître parfois brouillon face à des productions récentes en France (
Mistaken element et
Gojira en tête) mais il possède son charme et donne au groupe une personnalité propre. Alors, dans toute cette puissance jetée à notre visage, on souffle sur le passage en arpèges de « The Synthetic light of hope » qui apparaît au bon moment, de la même manière que le morceau suivant, quasiment tout en instrumental, à l’intro électro : « Wasted land ».
Au final,
Hypnosis signe avec
The Synthetic light of hope le meilleur album de sa carrière, la musique est maitrisée, les morceaux sont excellents (en particulier « Dead is the sun », difficile d’accès mais terriblement haineux et puissant avec ce riff Black, ces blasts sans fin et la voix très lyrique de Cindy qui arrive comme sortie d’un gouffre et « [Kill me] when I dream », désespéré et mortel avec le chant de Cindy qui le clôture avec brio), la production spéciale, certes, mais personnelle, le chant est peut être trop peu varié malgrè les apports de Cindy et, gros point noir cependant : l’album est court. La réponse à la question du départ est donc simple : le groupe manque de médiatisation et j’espère que cette chronique vous décidera à les découvrir en album mais aussi en live où leurs compositions prennent tout leur sens.