Si
General Surgery nous vient tout droit de Suède, ce serait maladroit et dangereux pour les tympans non avertis de penser qu'il s'agit d'un énième groupe de death mélodique estampillé Göteborg. En fait, ces sympathiques musiciens semblent bien plus proches de
Carcass ou de
Napalm Death que de leurs compatriotes d'
In Flames. Du grind donc, mais fortement teinté de death metal old school qui lui permet de jouer sur deux tableaux à la fois.
Ainsi, au milieu des morceaux dont les titres ne sont pas dénués d'humour, on navigue entre deux eaux. D'abord, les plus dangereuses, celles qui sont infestées de requins prêts à vous réduire en charpie à la moindre goutte de sang versée. Les passages grind sont furieux, reposant sur de sévères blast beats sur lesquels se greffent les autres instruments, guitares saccadées, hachées sans retenue, basse inaudible, cris bestiaux en guise de chant. D'entrée de jeu,
Necroconomics, doublé de
Decedent Scarification Aesthetics trace une épopée extrême en moins de trois minutes, une mise en jambe pour une suite bien plus variée.
En effet, si le visage grind s'estompe par moment, c'est pour laisser place à un death metal des familles aux breaks assassins. Ainsi,
Virulent Corpus Dispersement ressemblerait presque à une pause entre deux passages plus violents s'il n'y avait pas cette touche grind qui transpire tout de même, née d'une accélération subite, avant de mourir contre un solo presque inattendu. Ainsi,
Deadhouse clôturera l'album sur une note moins extrême que son début, plus travaillée.
La dualité de General Surgery est l'un des points fort du groupe, qui évite de tomber dans la redite. Même s'il reste relativement difficile de prendre ses repères sur ce disque frondeur, la variété des tempos en dresse malgré tout une espèce de carte, un paysage musical vallonné. Ce n'est pas forcément original, l'influence de Carcass plane sur cet opus qui fleure bon le sang et la tripaille. Mais la linéarité de ce genre de disque est rompue par une certaine forme de diversité. on ne s'ennuie pas, on peut même prendre un pied meurtrier (surtout dans la tronche) sans pour autant être adepte du grind.