Alors que le Metal gothique est en perdition, au même titre que tout ce qui tourne autour du symphonique et autres,
Epica a toujours su garder la tête haute et rester fidèle à sa ligne de conduite initiale. C’est peut-être ça aussi la clé du succès… De trop nombreux groupes surfent sur les tendances pour adapter leur musique, et au final, on perd totalement l’essence originelle. Mais ceci ne veut pas dire qu’
Epica n’a pas bougé d’un iota depuis sa création, non. Le groupe a su évoluer en gardant une identité forte qui sera appréciée encore longtemps par ses fans. Alors que beaucoup de ses confrères stylistiques s’orientent vers des sonorités plus pop (
Within Temptation,
Sirenia au hasard),
Epica ose encore.
Oui,
Epica ose encore intégrer des growls Death, il ose encore utiliser les orchestrations symphoniques, il ose encore évoluer dans ce monde lyrique et envoûtant.
Après une traditionnelle ouverture très épique en guise d’intro, ce nouvel album démarre et l’auditeur garde ses repères. Mais il pourra tout autant apprécier la progression du groupe depuis The Phantom Agony. Ce disque qui était si sombre et profondément ancré dans la tradition du Metal Gothique garde toujours une place de référence dans la discographie des hollandais. Il est évident que de l’eau a coulé sous les ponts et Requiem For The Indifferent vient marquer un retour en force de la bande à Simone Simmons. Le groupe a beaucoup gagné en assurance. Les compositions semblent plus matures et plus réfléchies. Même si ce premier album était succulent par ses aspects ténébreux, Requiem ne pourra pas l’effacer la question n’est pas de savoir s’il est meilleur ou non. Toujours est-il qu’il montre un groupe toujours autant inspiré, qui n’hésite pas à se renouveler, sans pour autant sortir des sentiers battus. On notera d’ailleurs le titre éponyme qui présente même quelques sonorités orientales discrètes et colorées, accompagné du superbe chant de cette belle rousse. Et le growl Death est là aussi pour nuancer les propose. N’oublions pas non plus les chœurs masculins en fond qui apportent une autre dimension à la musique d’
Epica.
Au final, rien n’a vraiment changé si ce n’est que le groupe se permet des choses qu’il n’aurait sans doute pas osé il y a quelques temps. Et il le fait parce qu’il a une approche plus professionnelle de sa musique, une approche plus mature aussi. Et ce savoir-faire acquis au cours de ces dernières années paye, bien évidemment. On sent un travail plus réfléchi, ne serait-ce qu’au niveau du chant de Simone qui est bien plus varié, ou encore au niveau des compositions qui peuvent paraitre plus complexes mais aussi plus instinctives. On a toujours cette atmosphère grandiloquente au beau milieu des morceaux qui vient donner un côté solennel ou cérémoniel à la musique. Une impression de grandeur se dégage inévitablement des orchestrations. Et comme à ses débuts,
Epica sait toujours doser avec justesse les passages rapides et ceux plus lents pour un rendu à la fois intéressant et prenant. On pourra porter une attention toute particulière à Deep Water Horizon pour ses allures de ballades romantique et sa guitare acoustique.
En définitive,
Epica ne signe pas l’album incontournable de sa carrière, mais Requiem For The Indifferent est un disque qui interpelle par sa qualité, c'est un disque qui interpelle par sa grandeur, c’est un disque qui interpelle par son efficacité. Avec cet album,
Epica montre qu’il est toujours là, fidèle à ses débuts et qu’il le sera encore aussi longtemps qu’il y aura des fans pour soutenir ce groupe. Là où de nombreux groupes tentent tant bien que mal de se renouveler,
Epica y parvient sans trop de difficulté, résultat d’un travail acharné et passionné.