La scène Electro-Metal française n'a pas finie de se développer. Bien que l'on ait perdu Tamtrum il y a quelques mois, de nouvelles têtes apparaissent, attestant d'une ambition en pleine expansion. Les mecs de Systr, ça fait depuis 2008 qu'ils sillonnent l'hexagone, jouant de clubs en clubs pour prêcher une parole synthétique, faite de samples en tout genre et d'une énergie communicative.
Mais il fallait bien que le nom Systr soit gravé sur une galette. Ainsi, les nantais mettent au monde Gazole, leur premier opus, qui paraît via SG Records.
L'Electro-Metal, qui se lie d'amour avec un autre sous-genre appelé Indus, n'est pas vraiment un style évident lorsque l'on veut y apporter un vent de fraicheur. Qu'on se le dise, Systr n'en a rien à branler, et préfère de loin laisser parler ses compositions plutôt que de tourner autour du pot. "Gazole" et "DBMB" lancent la machine (le terme est juste), montrant que les samples seront un élément déterminant, quitte à mettre un peu de côté les guitares (qui, avouons-le, aurait pu être plus puissantes encore...).
Bizarrement, cette entame manque cruellement d'accroche: on a l'impression que les Systr ont du mal à se défaire de leurs influences (
Ministry en tête...), et ce n'est qu'avec "Protect Your Horizons" que l'opus démarre réellement. Là, le groupe fait preuve d'un certain talent dans la mise en place de ses machines, qui débouche sur des parties efficaces (le refrain notamment...). Et ce sera ainsi jusqu'à la fin de l'album.
Pendant près de quarante-cinq minutes, Gazole développe un paquet de mélodies accrocheuses ("All Given Words", "Point Break"), alliées à de subtils arrangements qui à eux seuls justifient l'appellation Electro-Metal (le très bon "Understanding", ou "Superheroes"). Je parlais précédemment des influences, sachez qu'elles ne sont pas vraiment dommageables sur cet album. En prenant un peu de
Ministry, un peu de
Pain (le chant de "The Race") et une dose de
KMFDM, Systr accède à une formule groovy et puissante, qui doit faire des étincelles en live. Un dernier mot revient à "Remaining Silence", une piste quelque peu à part dans cet album. A part car c'est bien une demoiselle qui tient le micro, pour un rendu plutôt intéressant (notamment les guitares dans le fond). Ici, les nantais mettent en place une musique moins mécanique pour un rendu plus ambiancé.
Au final, le seul défaut de Gazole réside dans son concept. Le groupe se plaît à instaurer une imagerie mécanique qui fait entre autres référence aux engins de chantier, mais a bien du mal à la faire sentir dans ses compositions.
Avec un opus de la sorte, il y a de grandes chances pour que Systr se taille une place de choix sur le trône des groupes d'Electro-Metal français. Les dix compositions affichent un certain potentiel, appuyé par un véritable savoir-faire dans la mise en place de samples accrocheurs.
Une musique travaillée, nuancée, groovy... Le résultat est plutôt convaincant, et n'a pas grand chose à envier aux Tamtrum et autres Symplyd4rk. Comme dirait l'autre: il ne leur manque plus qu'à assurer sur les planches!