Même si
Lethal Mind n'en est pas tout à fait à son galop d'essai (le groupe a déjà une démo à son actif ainsi qu'une prestation au Raismes Fest 2007 sur la scène découverte), sortir un premier EP reste une expérience forte dans la vie d'une formation. Ici, l'objet va servir de carte de visite pour les Parisiens et ma foi, les dorures sur les bordures ne sont pas du tape-à-l'oeil.
Lethal Mind évolue dans l'univers du thrash. Mais plutôt que de reprendre là où de nombreux maîtres se sont arrêtés au crépuscule des années 80 (
Metallica,
Exodus...), le groupe a une approche bien plus moderne. On pourrait dire dans la veine de
Nevermore, avec une fibre mélodique et technique des plus intéressantes. Cet EP, ce n'est pas un assemblage de riffs saccadés sur rythmique syncopée, même si l'on retrouve ce schéma dans les titres. Avant tout, c'est un esprit de composition, une force de frappe non pas diluée, mais canalisée pour en tirer le meilleur, passant par des breaks mûrement réfléchis - et pas toujours forcément logiques, ce qui apporte du piment à la chose.
Mathieu Fichot, le chanteur, possède un timbre rauque, plutôt agréable car jamais criard. S'il tend parfois à explorer des contrées plus brutales en rendant sa voix plus gutturale, il ne franchit jamais la mince frontière entre le thrash et le death metal, gardant une cohérence à l'ensemble. Bien servi par le groupe, il livre une prestation satisfaisante. Lethal Mind se dote donc de sérieux atouts pour séduire une large frange du public avec son thrash metal mélodique et technique (certains avanceront le terme de progressif même). Il suffit de jeter une oreille sur le title track ou sur
Without Eyes pour se rendre compte du potentiel clairement affiché.
Même si l'ensemble n'est pas si original que ça (on se dit rapidement que les albums de Nevermore font partie des disques de chevet des musiciens), la maîtrise est là, l'efficacité est présente. Le plus gros reproche serait la durée de cet EP, qui en dit à la fois trop et pas assez. Trop parce que le style est palpable, on peut l'étiqueter. Pas assez, parce que le court interlude
The Apostate est intrigant, parce que le groupe ne s'exprime pas assez dans ce domaine, et que
Without Eyes, décidément, a un petit goût de revenez-y. Frustrant quand on pense qu'il s'agit du dernier titre de la galette.
Il ne reste plus à Lethal Mind qu'à nous convaincre sur un LP. Cela se prépare. Attendons un peu et faisons nous un peu rêver avec ce When Logic Fails bien agréable.
(1) cherchez pas la logique, y en a pas.