Eh oui, comme quoi Killing Joke, c'est le groupe dont il faut parler pour étaler sa culture. Parce que
Jaz a enregistré certaines parties vocales dans rien de moins que la pyramide de Gizeh, en Egypte.Et ce de manière totalement clandestine, après bakchich auprès des autorités locales, et tout et tout...Mais baste, revenons en à l'album.
Quand ils sortent cet opus, Coleman est enfin revenu d'Islande, et l'apocalypse n'a pas eu lieu.Mais le dernier album du groupe,
Extremities, Dirt and Various Repressed Emotions n'a pas été un franc chef d'oeuvre, ni un succès commercial.On pourrait donc se dire que ce
Pandemonium va être du même tonneau, avec le même bide à la clé.
Et c'est là où l'on se trompe:
Pandemonium, ce n'est pas seulement un énième retour de
Killing Joke après que chacun des membres soient parti dans un side project différent, c'est une pierre angulaire de sa carrière et un album marquant dans le métal.Les Anglais laissent en effet le post punk de côté, et nous balance quelque chose qu'ils auraient dû nous balancer depuis longtemps: de l'indus métal, bien lourd et méchant à souhait.
Le morceau titre d'ouverture est un joyau dans ce genre. Puissant, majestueux, maîtrisé, Pandemonium envoie le bois directement avec un riff de guitare efficace soutenu par une basse tellurique et des arrangements de cordes (on sent que
Coleman travaille également comme chef d'orchestre pour la République Tchèque).La voix, tantôt claire, tantôt puissante et énervée, rend bien toute l'énergie de la chanson.Il résume tout l'album ou presque, Millenium ou Communion étant dans cette veine, dans l'idée de répercuter une résonance antique avec toute la puissance et l'énergie du groupe.
Ensuite, ça continue, c'est plus méchant mais toujours aussi puissant, on sent bien que c'est du métal industriel sur des morceaux comme Exorcism, plein de bruits et de sons divers (à chaque écoute ou presque, on découvre un nouveau sample), ou Whiteout.
Mais le fantôme du post punk que faisait la formation plane aussi sur cet album (Black Moon, Jana).Bien que cela replace parfaitement l'album dans la carrière du groupe, ce n'est pas aussi extraordinaire que le reste: je pense au morceau Jana, avec un bon riff glacé, mais qui n'atteint pas les sommets de Communion ou Pandemonium.
On finit avec Mathematics Of Chaos, ce qu'on pourrait appeler un bordel organisé: il y en a de partout, des sons électroniques, des voix surgies de nul part, des bons gros riffs de guitares.Et tout fini par des chiffres énigmatiques :"Eight seventy five...Zero two zero...Zero seven nine..."
Du lourd et du bon dans cet album, qui tutoie habilement les géants, malgré un titre juste "bien" et pas "excellents". Cependant à écouter, absolument, pour voir l'étendue de la créativité d'un groupe qui a énormément à donner à l'auditeur.