Nostalgie et émotion sont les maîtres mots de cette chronique à l'heure où j'écris ces mots.
Judas Iscariot était un groupe massif et il n'est plus. Grâce à lui cependant, des tas de jeunes combos émergent et s'inspirent de son oeuvre.
Heaven in flames est alors la pierre qui porte un édifice de violence haineuse érigé par un groupe, un homme, de génie.
Oui, le son est spécial, il est true Black métal, il est de cette racine Black métal que beaucoup ont ignoré à présent ou que d'autres gardent en mémoire (les talentueux
Blut aus nord). A l'entrée de "An eternal kingdom of fire" tout d'abord, ce son surprend, c'est le son de
Judas Iscariot et il posséde un charme indéniable tout comme celui de
Burzum car avec lui, on discerne la haine et le chaos. Cette entrée en matière qu'est "An eternal kingdom of fire" est aussi un hymne. La mélodie de guitare est légendaire et ces blasts constants sont une des marques de ce Black métal Nietzschéen. La voix d'Akhenaten est d'une rage sans limite, torturée, suppliante, inhumaine. Mais au-delà de cette violence première, il y a ces parties plus posées où les choeurs féminins emportent le morceau vers des sphères plus émotionnelles. Cette batterie hasardeuse, cette guitare laborieuse, sont des fautes, mais l'Homme a ses fautes et
Judas Iscariot est près de l'Homme plus qu'il ne l'est de Dieu dont il hait le principe même de son existence, la possibilité de son existence.
Heaven in flames, par son titre, attaque directement la religion comme beaucoup de groupes de Black métal.
La musique est elle, un Black métal malsain, torturé, comme je l'ai dit plus haut. Elle est en constante recherche de maux (l'enchainement "An eternal kingdom of fire" et "Gaze Upon Heaven in Flames"). Les pauses n'en sont pas, même la calme "Eternal Bliss...Eternal Death", n'en est pas une. La mélodie, le groupe la porte, avec ces riffs de guitares qui se nourrissent de colère et de torture intérieure pour sortir de leur géniteur. Rien ne semble stopper cette noirceur qui perdure tandis que l'écoute avance. Seule "From Hateful visions" semble sortir de cet amas infernal avec son arpège plus joyeux, son rythme plus apaisé. Mais elle ne sert qu'à faire apparaitre encore plus de noirceur de l'abîme de l'Iscariot. ("Spill the blood of the lambs" et ses blasts toujours incessants sur ces mélodies de guitares étranges). Alors, après ce déferlement sans fin, "An ancient starry sky" est une paix absolue. Car si
Judas Iscariot apparaitra avec cet album et d'autres comme un groupe répétitif dans sa démarche de composition et de mélodie, il apparaitra à d'autres comme sous son vrai jour: une véritable catharsis.
Album culte d'un groupe culte,
Heaven in flames est le porteur du style que le groupe va véhiculer tout au long de sa carrière. Il est l'un des plus sombres, l'un des plus mal produits. Mais aussi au final, l'un des plus Black et l'un des meilleurs de leur carrière et c'est pour cela qu'il se doit d'être réécouté par les métalleux de cette génération.