Si le Metal finlandais semble être de plus en plus en forme au fil des années, il devient paradoxalement plus délicat pour les formations moins connues de se faire un nom dans cette scène bouillonnante. On a tous entendu parler des derniers
Amorphis, Ghost Brigade,
Insomnium,
Swallow the Sun ou autres The Man-Eating Tree, mais bien peu attendaient le nouveau Soulfallen, The Promise of Hell. Et pour cause: le combo, qui peine à sortir de ses frontières malgré deux bons albums, n'a quasiment pas communiqué autour de la sortie de son nouveau bébé. Quoiqu'il en soit, l'album est dispo depuis quelques semaines.
Alors, Soulfallen peut-il détrôner les grands du Metal finlandais?
Ceux qui ont eu l'occasion de se pencher sur World Expiration et plus récemment
Grave New World se souviennent sûrement d'un groupe discret mais prometteur, qui a su allier par la force de ses mélodies un Black-Death subtil à de belles atmosphères issues de l'école finlandaise. Après quelques galères de line-up, Soulfallen est de retour avec un troisième effort qu'il considère comme étant le plus mature de sa discographie. Classique, mais qu'en est-il vraiment?
Franchement, difficile à dire. The Promise of Hell n'est pas vraiment la tuerie que l'on attendait, mais n'est pas pour autant dépourvu d'intérêt. Car en bousculant son line-up, le groupe a surtout donné une nouvelle direction à ses compositions. On se retrouve donc avec une sorte de Dark Death Mélodique ("Dead and Dying", "Ghosts", "Cold Beneath the Sun"...), qui n'hésite pas à plonger dans des eaux plus sombres encore ("The Silence of the Storm"), avant de regagner la surface avec un "Scars Aligned" très (trop) gentillet.
D'un point de vue global, The Promise of Hell est un opus varié, qui n'hésite pas à jouer des nuances pour colorer sa musique et la rendre plus accessible. Le problème, c'est que Soulfallen n'est certainement pas le seul dans ce domaine-là, et se frotte à une concurrence écrasante qui risque bien de passer devant lui sur nos étagères...
Pourtant, de belles idées fourmillent ici, comme la justesse mélodique de "The Birth of Newfound Death" ou les chants clairs de "Scars Aligned", qui poussent les atmosphères vers des sommets. Seulement, Soulfallen perd son auditeur avec des titres qui manquent singulièrement d'accroche ("Bring Me My Demons" entre autres), chose qui n'était pas le cas sur les deux précédents albums des finlandais...
Du coup, hormis quelques titres sympas et une production soignée, The Promise of Hell peine vraiment à faire mouche...
L'album le plus mature, j'ai quelques doutes là-dessus...
Pour répondre à notre question d'introduction, non, Soulfallen ne signe pas ici le chef d’œuvre qui balaierait la concurrence. Pire encore, les finlandais s'alignent (sans jeu de mots hein!) sur eux, rendant leur musique bien peu originale. Malgré la fougue de son Dark Death aux légères influences Black Sympho (pour les claviers), The Promise of Hell manque d'un petit quelque chose qui mettrait l'auditeur à genoux.
C'est rageant, car on connaît le potentiel du combo, on sait qu'il est capable de faire bien mieux (il a commencé avec "The Birth of Newfound Death" et "Cold Beneath the Sun")... Peut-être la prochaine fois...