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Chronique de 21

Rage  - 21 (Album)



"Depuis l'arrivé de Victor (Smolski), il y a douze ans, nous n'avons de cesse d'évoluer, de nous renouveler pour proposer des albums différents à nos fans, nous intégrons depuis beaucoup d'éléments et de structures progressives afin de sortir de l'appellation "power metal type". Cela n'aurait aucun sens de réaliser sans cesse le même album. Notre expérience nous permet à présent d'explorer d'autres horizons musicaux, ce qui est vraiment flagrant sur 21."

Peavy Wagner (Rage)
Metallian 69 - Jan-Fév 2012


La citation du prolifique musicien concernant les divers travaux qui lui sont imputables durant cette dernière décennie, pourrait suffire à définir les principaux atouts du nouvel effort que lui et ses complices nous offrent aujourd'hui. Ce nouvel opus, sobrement intitulé 21, succède à un excellent Strings to a Web (2010), dans lequel les saxons avaient formidablement démontrés leurs valeurs dans la construction d'une musique, certes rugueuse, mais aussi empreinte d'une harmonieuse mélodicité. Un album sur lequel les différentes instrumentations orchestrales et symphoniques prenaient une ampleur grandiose et emplissait un espace assez conséquent. Une extrême musicalité dans laquelle d'ailleurs Rage avait pourtant su garder tous les stigmates de l'âme profondément âpre, spontanément Heavy et viscéralement Metal qui est la sienne. Mais cessons de ressasser ce passé et interrogeons nous plus précisément sur le présent. Arrêtons les palabres et examinons donc ce 21.

La première interrogations qui étreins, à priori, l'auditeur s'agissant de ce 21, est celle concernant ce que nous étions en droit d'attendre d'un groupe qui, comme son leader charismatique se plait à le dire, refuse de se laisser enfermer dans le systématisme dégénératif d'un conformisme obligatoire. La réponse la plus adéquate est, bien évidemment, de la nouveauté salutaire, de l'originalité indispensable. De la personnalité, en somme.

De prime abord, ce qu'il faudra dire concernant ce nouvel album, est qu'il s'inscrit dans un schéma prenant le parfait contrepied de la démarche mélodique exacerbée dont Rage aura usé sur son précédent album (ainsi d'ailleurs que sur certains autres). Epuré de tous apparats orchestraux, de tous instruments classiques et de tout passages symphoniques, 21 est, en effet, un manifeste résolument plus agressif que ne le fut notamment Strings to a Web (2010) ou encore que ne le furent les cultissimes Lingua Mortis (1996) et XIII (1998).

Néanmoins cette absence n'est pas seule responsable de ce regain de virulence. Cette brutalité nouvelle s'explique aussi par la présence de certains titres aux passages puisant leur inspiration en des univers où Rage n'aura que trop rarement, et trop succinctement, laissé tremper sa créativité. Ainsi les éructations délicieusement rugueuses du sieur Wagner s'enfonce parfois ici dans un marécage guttural aux accointances Groove, Death Metal dont il n'est pas vraiment familier (Forever Dead, Serial Killer). Les litanies du sieur Smolski, soutenue par l'exaltation du sieur Hilgers, s'égare parfois, quant à elles, dans les contrées Thrash dont Rage est, certes, plus coutumier mais rarement de manière aussi nette et affichée (Destiny, Concrete Wall).

Au delà de ces plages particulièrement savoureuses, il y aura également ici quelques moments incontestablement plus conventionnels qui cependant demeureront pleinement satisfaisants. Ces instants nous offrant parfois les strates d'une Progressivité et d'une technicité superbement maitrisée (Death Romantic, Black and White) et parfois ceux d'un classicisme simple d'une redoutable efficacité (Twenty One, Feel my Pain, la ballade sombre et réussie Eternally).

21, nouvel effort de Rage, est un album riche et varié dans lequel le groupe aura délaissé l'aspect mélodico-symphonique de certains de ces précédents travaux mais dans lequel il aura su mêler inspiration et innovation. Un savant mélange au travers duquel, au final, une fois encore, Peavy et ses acolytes, tout en nous proposant de découvrir une facette quelque peu nouvelle, auront su conserver toute les caractéristiques d'un tempérament atypique.



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21 - Infos

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Sortie : 24 février 2012
Genre : Speed Metal
Label : Nuclear Blast
Playlist :
1. House Wins (1:30)
2. Twenty One (6:16)
3. Forever Dead (6:20)
4. Feel My Pain (5:40)
5. Serial Killer (5:45)
6. Psycho Terror (6:57)
7. Destiny (5:14)
8. Death Romantic (5:59)
9. Black and White (5:20)
10. Concrete Wall (3:50)
11. Eternally (5:09)
écouter : Ecouter l'album



Rage

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