Faut pas se fier aux pochettes. C'est trompeur une pochette, ça peut dire beaucoup de choses, ou rien du tout. Là, on est dans le cas du "mais keskecé ?" Faut dire, on devine que c'est sexuel, style un mec qui confond une femme avec une crème glacée, mais une chose est certaine, on a pas du tout envie de rentrer dans ce disque. Mais bon, si à chaque fois qu'on tombe sur une pochette dégueulasse on n'écoute pas, y aurait pas beaucoup de groupes qui auraient eu du succès.
Formé en 1987,
Pink Cream 69 gagne un concours qui lui permet de signer un deal avec le label Epic qui, à cette époque, était très bien placé sur le marché du hard US. Et PC69, conduit par un
Andi Deris survolté, se glisse presque dans ce moule. On a affaire à un mélange de heavy mélodique et de hard rock plus classique qui était alors dans l'air du temps. Deris n'ayant jamais caché son amour pour
Kiss, on retrouve un certain sens du phrasé des maquillés dans la musique des Allemands : riffs faciles à retenir, soli concis sans être forcément virtuoses, mélodies agréables à l'oreille, choeurs travaillés... On peut regretter par moment une batterie un brin minimaliste, adepte du "poum tchac" de base et sans réelle inventivité, mais passé ce détail, il convient d'admettre que la plupart des titres proposés tiennent bien la route.
Plus qu'un réel travail d'équipe, ce premier album éponyme est à voir comme une révélation, celle d'Andi Deris justement. Il serait facile de mentionner le fait qu'il s'agit de l'actuel chanteur d'
Helloween pour minimiser ce fait et que son statut actuel peut dorer ses premiers essais discographiques. Cependant, il est l'artisan principal du groupe, apposant sa griffe sur toutes les compositions présentes sur ce disque, secondé à quatre reprises par ses acolytes. Et il a déjà une bonne plume :
Take Those Tears est le genre de titre entraînant avec un refrain bien amené, un hard rock qui dépote bien comme il faut,
One Step Into Paradise se rapproche de la power ballad typiquement US, tandis que
Rolling Down A Thunder tend vers le heavy metal des familles. Evidemment, sa voix peut être un sacré barrage : on aime ou on déteste, mais difficile de rester indifférent au timbre particulier du chanteur.
Les autres membres ne sont pas en reste. Si la section rythmique assure ce qu'il faut (même si
Kosta Zafiriou ne sort pas assez des standards de l'époque derrière les fûts), les parties de guitare signées
Alfred Koffler ne sont pas dénuées d'intérêt. Il s'adapte aisément aux différents registres abordés sans être trop bavard, sobre, même si le remuant
Partymaker fait irrémédiablement penser à
Hot For Teacher de
Van Halen (qui est l'une des influences du guitariste).
Ce premier disque éponyme n'est pas parfait, certains morceaux sont moins appétissants que d'autres et n'ont de fait qu'un intérêt mitigé, il n'en demeure pas moins un album agréable, pas prise de tête, susceptible de plaire à un large public. Les fans d'Helloween dernière période peuvent s'y risquer. Ce ne sera peut-être pas très rapide pour eux, mais ils retrouveront avec plaisir un Andi Deris en forme. Les fans de PC69 l'auront, quant à eux, déjà adopté.