C’est le retour du grand
Azaghal !
Teraphim est sorti à peine un an après
Omega, mais il aura fallu attendre plus de trois ans pour voir arriver son successeur. Et l’attente aura été bien récompensée. Inutile de préciser que ce
Nemesis est une fois de plus une petite perle de Black Metal satanique, vengeur à souhait.
On commence sur les chapeaux de roues, pas besoin d’intro douce et lumineuse pour annoncer le contenu sombre et froid de ce nouvel album, on entre directement dans le vif du sujet avec un son puissant et lugubre qui nous transporte directement au cœur de l’Enfer. Les rythmiques Thrash sont assez présentes, mais on est encore bien loin d’une musique à la Bestial Mockery ou autre.
Azaghal reste profondément ancré dans une tradition plus axée sur le True Black comme il le fait depuis ses débuts, tout en lorgnant parfois sur d’autres scènes, sans jamais oublier d’où il vient. Ces riffs tranchants comme la lame d’un rasoir semblent provenir directement du jour du Jugement Dernier. A travers ces 10 titres, on peut aussi aisément sentir toute la haine et le rage d’un groupe qui est sur pied depuis les débuts du Black Metal.
Une basse tonitruante, des guitares furieuses, une batterie agressive, un chant profond et possédé, voilà la recette qu’
Azaghal perpétue tout au long de sa carrière et qui fait encore ses preuves ici.
Nemesis est un disque à la fois intense et puissant qui nous montre toute la grandeur du Black Metal.
Azaghal se distingue de ses contemporains par sa capacité étonnante à créer des compositions à la fois mélodiques et très agressives. Si bien que l’on ne peut pas vraiment qualifier
Azaghal de groupe de Black Mélodique, mais on perçoit cette attention toute particulière dans chaque compo qui fait ressortir le meilleur de lui-même et vient transcender son interprétation. "Vihasta ja Veritöistä" illustrera à merveille ce que je veux dire. Toute la richesse des compos est bel et bien là, pourtant, on retiendra bien plus la haine exacerbée de ces finlandais plutôt que les mélodies sinistres qui s’en dégagent. Quoi qu’il en soit, ce Nemesis est un pur concentré de noirceur. La production est vraiment bonne pour ce type de musique, et elle donne une certaine profondeur au chant, elle donne l’impression de l’éloigner, et ainsi, on a encore plus cette sensation occulte qui se dégage, cette sensation de possession démoniaque intense et morbide qui se retrouve tout au long de l’album. Et ces solis endiablés, comme sur "Hail The Whore", qu’est-ce que c’est beau ! Du grand art qui nous est dévoilé ici par un des plus grands groupes de Finlande.
C’est donc sans surprise que l’on peut dire que ce nouvel album est une fois de plus très bon.
Azaghal jouit d’un parcours quasi sans faute. Et ce n’est pas Nemesis qui viendra plomber la réputation du groupe, que ce soit avec ces ambiances occultes, ces riffs cinglants, ces mélodies morbides, cette haine démoniaque ou encore ces compositions envoûtantes.
Nemesis est donc un album à écouter et à réécouter, peut-être même parmi les meilleurs du groupe, notamment au niveau de la production.