Il fallait s'y attendre. Si
Rhapsody Of Fire (qui a cette époque n'avait pas encore le feu aux fesses) aura été l'un des acteurs du revival "true metal" de la seconde partie des années 90, il est également devenu un groupe pillé de toute part. Le tribut de la gloire, pourrait-on dire.
Beholder fait parti de ces suiveurs, qui voient en leurs compatriotes un modèle et une source d'inspiration qui semble intarissable. Mais là où Beholder tente de sortir du lot, c'est qu'au chanteur est associé son alter ego féminin. En effet,
Patrick Wire et
Leanan Sidhe se partagent équitablement les lignes de chant. Mais cela suffit-il à sortir Beholder de la longue liste des groupes sans génie ?
Non, mille fois non ! Parce que la musique des Italiens est tout sauf inspirée, on a une impression de déjà entendu à l'écoute de ce Legend Begins, de rabâché. Inutile de regarder bien loin pour les influences, il suffit de remonter en haut de la chronique. On retrouve des compositions qui se veulent épiques, avec des guitares galopantes associées à un clavier (qui ici trouve le moyen de s'affubler d'un son kitsch au possible, à la limite du son Bontempi) et derrière, un batteur qui use et abuse de la double grosse caisse. Au niveau du chant, on frôle la catastrophe. Si celui de Wire laisse clairement à désirer (voix grave qui ne véhicule rien, ni émotions ni même conviction), celui de Leanan parvient à rattraper un peu cette mayonnaise qui vire à l'huile, mais sa prestation n'a rien de bien folichon.
Tout est trop approximatif, les bonnes idées (car il y en a, disséminées ça et là et surtout sur la fin d'ailleurs) sont noyées dans un ensemble qui ne manque pas d'envie, mais qui frôle parfois l'amateurisme. Cependant, un groupe débutant n'a pas les moyens de se payer un cador de la production ni de louer un studio bien équipé, et il est difficile d'être réellement vindicatif face à ce disque. Tout ne sonne pas très bien, on n'a pas envie de prolonger l'écoute de l'objet jusqu'au bout (et ce serait une erreur, un morceau comme
Chains Of Fate est une réelle bonne surprise) mais toutes ces maladresses donnent finalement un petit charme à ce disque mineur.
Pour un premier album, The Legend Begins est brouillon et passable et n'impose en rien Beholder sur la scène européenne. Néanmoins, il aura connu un certain succès en Italie, ce qui aura permis au groupe d'assurer un show durant les Gods Of Metal de Milan de 2001, ce qui n'est pas rien. L'amateur de metal symphonique et le fan de metal lambda peuvent tranquillement passer leur chemin, seuls les plus mordus, les inconditionnels du genre trouveraient de l'intérêt à ce disque, histoire de compléter une collection.