Retour à l'accueil
Chronique
Chroniques :: Chronique de Edge of the Obscure

Chronique de Edge of the Obscure

The Interbeing  - Edge of the Obscure (Album)

Ghost in the shell...



S'il est un talent que The Interbeing possède dans son esprit refroidi par la moiteur industrielle et les tempêtes d'acides chlorhydriques, c'est celui d'embarquer le voyageur interstellaire au cœur d'une nova et d'un monde post apocalyptique décadent, où la machine a pris le pouvoir avec une complaisance surprenante. Sombre destin que de se mettre dans la peau volatile d'un homme traqué et détruit par cette vulgaire enzyme mécanique qu'est l'évolution.

Les danois signent donc leur retour dans un concept album que beaucoup salueront comme le chaînon manquant d'un cyber metal aux atmosphères apathiques ; autrement dit un croisement bâtard entre la polyrythmie de Meshuggah et les funestes abstractions d'un Sybreed conquérant. Nous suivons ainsi le passage de l'autre côté du miroir (de la dimension ?) d'un John Doe mi-homme mi-machine, une entité humanoïde dénué d'émotions et s'en allant vers les méandres tortueuses de l'inconnu. Un voyage simiesque, dont le destin a d'ores et déjà été inscrit dans le manuscrit de l'univers, se fera sur le pont de l'obscur.

Embarquons...

L'introduction bruitiste s'empare de la créature et active son cortex préfontal afin d'illuminer sa conscience gelée par les affres d'une vie tourmentée. Les premières pulsions se font ressentir (« Pulse Within the Paradow ») dans une espèce de metalcore survitaminée. Un cataclysme rondement bien produit et coulée au milieu de samples et sonorités cybernétiques fusionne pour un final que n'aurait pas renié Meshuggah. Ça y est, la démarche est encore timide, mais le pas se fait de plus en plus certain au fil des minutes. L'électronique se fait plus présente, sans toutefois dénaturé le mur de son imposé par les guitares et les imposants vocaux de Dara Toibin. Hurlant et déchirant à la fois, la voix conditionne notre être, la domine de la façon la plus infâme qui soit. Presque aisément, elle pourrait être l'élocution dépersonnalisée de l'ordinateur central, celui qui contrôle la moindre parcelle de ferraille robotique (« Tongue of The Soiled » et son atmosphère « fear factorienne »).

Comprenons...

La peur et l'ignorance sont venus à bout de notre espèce. L'homme a certes toujours eu peur de l'avenir, mais surtout et avant tout de lui même. Un sentiment de crainte véhiculé par une cohorte d'avancée technologique provoqua irrémédiablement la chute d'une nation qui se croyait indestructible et immortelle. Le monde a changé, la créature continue sa marche inéluctable et contemple l'anarchie (tel le héros de la fresque de Hord) à travers une vision sanguinolente, preuve que la robotisation n'est pas totale. The Interbeing se retrouve ainsi bien souvent sur le fil du rasoir entre styles différents et climax sombres et étouffants, presque insupportables par moments (le pénible instrumental « In the Transcendance »). Il sait toutefois réagir et redonner une nouvelle jeunesse à notre quidam automatisé pour l'emmener au bout de son périple ( le refrain plein de désespoir de « Celestial Flames », le neurasthénique et inquiétant « Ledge of Oblivion » ).

Abdiquons...

Ceci étant, l'expédition prend fin et la souffrance s'estompe. La part d'humanité de notre John Doe a vraisemblablement disparu, simplement condamné à ne plus rien ressentir. Qu'il en soit ainsi pour une humanité pervertie qui finira par tomber dans un gouffre profond, celui de l'éloignement et du conditionnement. The Interbeing pousse le concept principal du cyber metal dans ces derniers retranchements et assoie son contrôle sur les masses. Il va de soi qu'avec un premier album aussi bien maîtrisé l'attente d'une prochaine mécanisation sera longue.

Si vous lisez ceci c'est que je suis déjà... robotisé.

(0) Modifier l'article
par Satanistar, le 4 décembre 2011
Voir toutes les chroniques de Satanistar


Chroniquer cet album

Avis des chroniqueurs :  
Satanistar  



Chronique précédente

Tout

Chronique suivante


Commentaires




Edge of the Obscure - Infos

Voir la discographie de The Interbeing
Infos de Edge of the Obscure
acheter sur Amazon
Sortie : 1 mai 2011
Genre : Indus
Label : Mighty Music
Playlist :
1. Elusive Atmosphere
2. Pulse within the Paradox
3. Tongue of the Soiled
4. Face Deletion
5. Fields of Grey
6. Shadow Drift
7. Swallowing White Light
8. In the Transcendence
9. Celestial Flames
10. Rhesus Artificial
11. Ledge of Oblivion
écouter : Ecouter l'album

The Interbeing

Albums chroniqués :
Chronique de Edge of the Obscure
Edge of the Obscure
2011

Chronique de Perceptual Confusion
Perceptual Confusion
2008

The Interbeing
The Interbeing
Voir la page du groupe
Création : 2001
Genre : Indus
Origine : Danemark




Groupes en rapport


Albums chroniqués :
Chronique de Alive
Alive
2010

Chronique de ObZen
ObZen
2008

Chronique de Catch 33
Catch 33
2005

Chronique de Nothing
Nothing
2002

Meshuggah
Meshuggah
Voir la page du groupe
Création : 1987
Genre : Avant-garde metal
Origine : Suède

Concerts:
Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Ancient Spirit Rising
Ancient Spirit Rising
2007

Domine
Domine
Voir la page du groupe
Création : 1986
Genre : Power Metal
Origine : Italie


Albums chroniqués :
Chronique de Liebe Ist Für Alle Da
Liebe Ist Für Alle Da
2009

Chronique de Rosenrot
Rosenrot
2005

Chronique de Rosenrot
Rosenrot
2005

Chronique de Reise, Reise
Reise, Reise
2004

Rammstein
Rammstein
Voir la page du groupe
Création : 1994
Genre : Indus
Origine : Allemagne

Rapports de concerts:

Pain
Pain
Voir la page du groupe
Création : 1996
Genre : Indus
Origine : Suède

Concerts:
Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de L'Hymne à La Joie
L'Hymne à La Joie
2007

Chronique de L'Hymne à La Joie
L'Hymne à La Joie
2007

The CNK
The CNK
Voir la page du groupe
Création : 1996
Genre : Indus
Origine : France

Concerts:
Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Educated Horses
Educated Horses
2006

Chronique de Hellbilly Deluxe
Hellbilly Deluxe
1998

Rob Zombie
Rob Zombie
Voir la page du groupe
Création : 1998
Genre : Indus
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Deathstars
Deathstars
Voir la page du groupe
Création : 2000
Genre : Indus
Origine : Suède