Parfois, le boulot de chroniqueur réserve bien des surprises. Xerosun est ce que j'appelle une belle surprise. Ce quartet originaire de Dublin (Irlande), inconnu dans nos contrées, est en train de sortir son premier opus Absence of Light, via le label Rising Records, qui semble avoir eu le nez creux...
Le groupe distille un Metal moderne qui emprunte quelques éléments à l'Indus' (
Static-X), au Néo (Spineshank), au Gothique (un peu de
Paradise Lost) et au Thrash (
Metallica bien sûr!). Un melting-pot d'influences qui peut s'avérer casse-gueule, mais c'était sans compter sur la petite pointe de talent qui fait la différence...
Avant d'entamer cette chronique, remarquons cet aspect professionnel qui émane d'Absence of Light. L'artwork a été confié à Seth Siro Anton (Septic Flesh,
Paradise Lost,
Moonspell,
Soilwork...) et donne une imagerie très sympathique avec ses tons bleutés. De même, la production de cet opus se veut particulièrement léchée, très moderne et puissante comme il se doit.
Et ça commence fort avec un "Cut Me Down" accrocheur, doté d'un refrain imparable. Ivan O’Sullivan, avec son chant proche de Nick Holmes (
Paradise Lost) ou James Hetfield (
Metallica), se place immédiatement au centre de l'attention. Le reste n'est présent que pour donner un côté mécanique (surtout la section rythmique), qui rapproche ainsi Xerosun de la mouvance Néo-Indus', notamment avec les innombrables samples qui jalonnent les compos. Logiquement, les irlandais confirment cette première impression avec un "In My Mind" très proche de Spineshank. Là encore le refrain se veut fédérateur, imposant ainsi la marque de fabrique de Xerosun.
Le carrefour d'influences frappe l'auditeur au premier abord, mais il faut également compter sur un côté Rock'n'Roll typique des formations des années 90, dévoilant un travail mélodique assez poussé. C'est bien simple, les irlandais semblent mettre toutes les chances de leur côté en jouant sur une musique ultra-catchy, avec de gros riffs ("Long Way Down", "All For Nothing" ou "Silent Call"). Et le peu que l'on puisse dire, c'est que les compos d'Absence of Light font mouche, elles semblent véritablement taillées pour les planches!
Pendant près de 45 minutes, Xerosun laisse parler la poudre. Pourtant, les riffs sont des plus simples, la batterie n'est pas spécialement variée (peut-être le seul défaut de l'opus), mais le quartet parvient à jouer avec différentes atmosphères (l'excellent "Heartfalls" notamment). Comme quoi, le plus simple suffit...
Après huit années de gestation, on peut donc affirmer qu'Absence of Light est une bien belle découverte. C'est bien simple, Xerosun a réunit tous les ingrédients nécessaires à une musique catchy, les a poussé à leur paroxysme, et a concentré le tout dans neuf titres pêchus. Le plus drôle dans tout ça, c'est que les irlandais développent une musique 'simple' (les riffs, la batterie...), mais ô combien entêtante!
Absence of Light a beau rappeler
Metallica (pour le chant),
Paradise Lost (pour les grattes de "Falling"), Spineshank ("In My Mind") ou
Static-X (les samples), il faut bien avouer que c'est loin d'être un défaut, au contraire: Xerosun s'approprie ses influences pour en sortir quelque chose de frais ("All for Nothing"!)... Il ne manque plus qu'à confirmer tout ce potentiel sur scène!